Vendredi 13 Avril 2007
Lao Zi
Premier grand maître et initiateur dans la culture chinoise, Laotse était sans doute moins un penseur mystique qu’un vagabond confus qui cherchait à retrouver un peu d’harmonie avec la nature, avec ses ancêtres, avec lui-même. Sa sortie de la vie terrestre, en forme de pirouette – il grimpa sur un buffle d’eau et s’en alla vers l’ouest, chercher la solitude dans les montagnes du Tibet – laisse à penser que le bougre était doté d’un sens de l’humour que ses descendants n’ont pas su percevoir. Un gardien de gué, interpellant le vieil homme sur le départ, lui réclama un témoignage, une trace écrite de sa pensée. En guise de réponse, une simple tablette contenant tout juste 5 000 caractères : la Voie.
De transcription en réinterprétation, comme tout bon livre fondateur, le Dao De Jing – plus connu en France sous le nom de Yi Jing – allait devenir la nouvelle Bible de la métaphysique chinoise, l’objet fondateur de la « seule vraie religion nationale », avancent les déçus du confucianisme et d’un bouddhisme un peu trop indien a leur goût. A tel point que le pays, et plus généralement la région tout entière, de Taïwan à Séoul, sont désormais parsemés d’une foison de temples dits taoïstes, à l'allure plus ou moins imposante, sièges d’une foi plus ou moins avérée... le spirituel cédant souvent le pas à la superstition pure et dure. Ainsi ce charmant Temple du Nuage Blanc, que l’on peut visiter pour cinq yuans sans craindre de perturber la concentration des novices, moinillons à la chevresque barbe parfaitement pointue, cheveux attachés en chignon sur une chemise blanche qui sent bon la fraîcheur, les chevilles solidement ancrées dans de grossières mais plaisantes bottines grises. Les divinités ont fleuri dans des teintes bleues et rouges dignes des dragons et les bâtonnets d’encens brûlent le souvenir amer des péchés et d'une vie peu sérieuse, bien plus assurément que quelques heures de méditation quotidienne. Voila encore une parole qui n'aura pas été comprise...
Par tchin-tchine, Vendredi 13 Avril 2007 à 09:40 GMT+2 dans je voyage, il voyage, nous voyageons
Voici l'édito du dernier numéro : 





