tchin-tchine au fil des jours : jeux chinois, articles, conseils de lecture...

Les petites fleurs rouges



Un film de Zhang Yuan
Chronique d'Aurélie Croiziers

Les petites fleurs rouges, ce sont les bons points que les enfants gagnent au prix de leurs bonnes actions dans un internat/jardin d’enfant. Un petit garçon de 4 ans arrive dans cette pension où il devra vivre 7 jours sur 7. Nous suivons son évolution et ses difficultés à s’adapter à ce système méritocratique et à son nouvel environnement.

L’univers dans lequel ces enfants évoluent et tristes : dortoir immense avec des lits qui s’apparentent à des cages à poule, murs du jardin d’enfant triste au possible… 

On suit la transformation du comportement de Fang Qiang Qiang : des pleurs incessants à ses tentatives de créations d’amitiés, de ses premières bêtises au durcissement de son caractère. Il devient un véritable petit dur qui devra être isolé du reste du groupe, « consigné » pour ne pas contaminer le reste des enfants.

Ce film est un véritable plaidoyer pour l’éducation dans l’amour : ici on voit deux maîtresses et deux Ayis (« tatas », sorte de maîtresses auxiliaires) qui doivent s’occuper d’une centaine de bambins. Malgré leur bonne volonté manifeste, il y a peu de place pour la tendresse : c’est la collectivité et l’ordre général qui priment, même si les trop sensibles en paient le prix fort.

Cet esprit collectif dérange le spectateur occidental : dès 4 ans, ces petits apprennent à marcher en rang, à se rendre aux toilettes tous ensemble à la même heure, ils connaissent des chansons qui leur dictent leur comportement, et gare à ceux qui s’écartent du chemin, les punitions sont publiques…

Les petites fleurs rouges est inspiré du roman autobiographique de Wang Shuo, qui est également cinéaste. Zhang Yuan, qui a travaillé sur ce film pendant plusieurs années, nous livre un regard plein de tendresse sur cet enfant qui n’est pas fait pour s’adapter à la collectivité.
De nombreux plans sont réalisés à hauteur d’enfant, la musique souligne (parfois de manière trop intense) les sentiments du petit héros : ce film est empli de compassion mais aussi de l’esprit joueur et espiègle de Fang Qiang Qiang. Beau challenge pour le réalisateur que d’avoir guidé tous ces enfants dans la transmission de telles émotions ! La participation de sa fille dans ce film et la précédente réalisation d’un autre long métrage sur l’enfance (« Mama ») l’ont sans doute aidé à réussir cette approche très sensible.

Vous trouverez des informations pertinentes et complémentaires sur le film, les auteurs et le casting sur la page http://www.allocine.fr/film/anecdote_gen_cfilm=112251.html.

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Perhaps Love



Un film de Peter Ho-sun Chan
Chronique de Fanny Valembois


Le film de Peter Ho-sun Chan « Perhaps Love », sorti en Chine en 2005, est annoncé comme un événement du cinéma chinois : une grande comédie musicale, un genre très marginal pour les réalisateurs chinois.

Dans un décor et une ambiance « rétro », Perhaps Love présente une histoire d’amour et d’ambition, qui se déroule sur plusieurs niveaux.  Deux jeunes étudiants passionnés de cinéma tombent amoureux et partagent leurs années de galère, avant que la jeune fille ne quitte son compagnon pour réaliser son ambition : devenir une star…

Dix ans plus tard, tous deux sont devenus acteurs et se retrouvent par hasard pour le tournage d’un film qui retrace une histoire d’amour très semblable à la leur…

Les trois niveaux de narration se mêlent dans des scènes chorégraphiées et chantées, dans la pure tradition des comédies musicales.

Malheureusement, malgré les moyens très importants et les stars (Takeshi Kaneshiro, Xun Zhou, Jacky Cheung …) mis à son service, Perhaps Love ressemble à mon sens étrangement à une vague sous-copie du film Moulin Rouge (2001) dont il s’inspire largement, par les thèmes musicaux, les costumes…

Les danseurs manquent de précision, le film enchaîne les clichés les plus rebattus, et les acteurs donnent dans une mièvrerie horripilante, sur fond de musique sucrée et larmoyante…

A mon avis, un film à éviter absolument !!

aucun commentaire - aucun rétrolien

Tibet, les cavaliers du vent



Texte : Elise Blanchard - Photographies : Louis-Marie et Thomas Blanchard
Chronique d'Aurélie Croiziers


Ce livre est à la fois un ouvrage d’initiation sur le Kham, ainsi qu’un récit de voyage accompagné de photos.


Le Kham est la partie orientale du Tibet historique aujourd’hui incluse dans le Sichuan et le Yunnan.

L’ouvrage débute sur un historique bref mais clair de cette région. Il replace le territoire dans son contexte historique, mais aussi géographique et religieux. L’histoire contemporaine est très détaillée, avec notamment les relations tumultueuses avec la Chine qui aboutissent aux massacres de la Révolution Culturelle.

L’auteure nous indique qu’un Tibétain sur six est alors exécuté. Plus de quinze années de brimades ont lieu. Un autre type de persécution est ensuite mis en place par le gouvernement chinois : politique de repeuplement et création d’une nouvelle économie dépendante de Pékin succèdent au mode de vie autarcique historique de la région.

Malgré tout, les traditions ont survécu et connaissent une résurrection depuis quelques années.

Les auteurs nous invitent à suivre leurs parcours de voyage grâce à un récit très bien détaillé et illustré : il se partage en trois saisons, hiver, printemps et été, où nous suivons le narrateur entre reportages et récits d’aventures.

De beaux instants de vie sont partagés avec les Khampas - ce sont les Tibétains de cette région. L’harmonie entres les Drokpas (pasteurs nomades) et les Rongpas (agriculteurs sédentaires) est ici montrée. Une présentation des rites religieux et festifs ainsi qu’une vue d’ensemble sur la difficile cohabitation entre Tibétains et pionniers chinois terminent cette partie.

Le panorama général de la vie des Khampas est très riche : on voit les différentes phases de leur vie, en harmonie avec la nature.

Le livre s’achève sur le difficile quotidien des Tibétains aujourd’hui face à la Chine, mais l’auteure reste tout de même optimiste quand à la force de vie de cette culture. Ce livre me paraît très intéressant par son aspect empirique : la culture Khampa est découverte par le lecteur comme s’il partait en voyage, entre hautes vallées, campements nomades et monastères isolés.

Les auteurs nous font partager cette expérience rare et riche qu’ils ont vécue lors de plusieurs voyages à pied et à cheval dans cette contrée tibétaine.

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Pentium II



Un roman de Laoniu paru chez Chine en poche
Chronique d'Aurélie Croiziers


Pentium III est l’introspection d’un homme dont la vie est sur le point de se briser. Suite à une dispute avec son patron, le narrateur, anonyme du début à la fin, apprend qu’il lui reste un mois avant son licenciement. Il revient alors point par point sur les échecs de sa vie : un divorce qui succède à son mariage arrangé, une mascarade pour vie sociale.

Dans la seconde partie du livre, un ami lui présente « un générateur de bonheur multimédia ». Sa vie est alors transformée, il perd ses repères mais n’en retrouve pas moins la maîtrise de sa vie : il continue à en être la victime.

D’un monde d’illusions à l’autre, Laoniu nous présente une Chine sans concession. Par un ton simple et descriptif, le narrateur livre un tableau de son existence d’un point de vue qui semble extérieur à sa propre vie : autodérision et humour noir sont de rigueur pour survivre à la noirceur de ce monde.

Avec l’irruption de cette machine à bonheur, le récit prend aussi un tournant fantastique mais n’en reste pas moins un support à la satire sociale. Les relations sociales sont toujours forcées et superficielles. L’absence de réflexion et la platitude de la vie sont monnaie courante, la normalité et la ressemblance au plus grand nombre concentrent l’unique idée du bonheur à atteindre.

Je courais comme un dératé sur la route du bonheur. J’étais en sueur, mais au moins possédais-je la même voiture et le même appartement que tout le monde. J’économisais ma semence pour pouvoir faire le même enfant que tout le monde, comme le voulait ma femme.

Laoniu est né en 1966 à Pékin et appartient à la classe moyenne chinoise. Pentium III est son second roman après Le Malaise écrit en 1998. Il s’affirme ici comme écrivain satirique et dépeint sans aucun compromis un portrait d’une Chine contemporaine sans valeurs.

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Lire et Ecrire le chinois



Ouvrage collectif, éditions Larousse Langues Orientales
Chronique de Fanny Valembois


Les éditions Larousse nous ont fait parvenir il y a quelques mois ce nouvel ouvrage consacré à la découverte de l’écriture chinoise. Je me suis donc plongée dans la lecture de ce manuel qui annonce sur la couverture « une approche inédite de l’écriture »… programme alléchant.

La première partie est consacrée à l’origine et la formation des caractères. Certains passages sont très intéressants : beaucoup d’exercices permettent au lecteur de s’investir dans l’apprentissage.

La mise en relation de l’évolution des caractères avec certaines valeurs de la culture chinoise me semble aussi très fondée. C’est une bonne introduction générale à la logique des caractères chinois. Il me semble cependant que certains exercices sont un peu difficiles pour des débutants, mais on trouvera le corrigé en fin d’ouvrage. Des tests permettent également de contrôler ses connaissances après chaque séquence.

Après la formation des caractères, et celle des mots, le manuel aborde du vocabulaire d’usage courant dans la partie « signes et repères ». A partir de photos ou de croquis (par exemple, une enseigne, un hall d’hôtel…), le lecteur est invité à analyser les caractères et les clefs qu’il connaît pour déduire la signification des indications.

Cette méthode a l’avantage d’impliquer le lecteur, et montre qu’en Chine, on peut comprendre beaucoup de choses même sans connaître tous les caractères… Mais elle atteint également ses limites : le seul apprentissage des clefs ne permet pas de deviner le sens de tous les caractères !

Enfin, la troisième partie est consacrée à la formation des phrases… Malheureusement ce chapitre ne répond pas à l’objectif annoncé : il propose des informations culturelles (sur la calligraphie, les proverbes chinois etc) mais rien qui concerne la grammaire, même de base. A la fin de la lecture, mon impression est donc mitigée.


Ce livre contient de bonnes choses, et peut notamment constituer un support intéressant pour un cours de chinois. Toute la première partie sera lue avec profit par des élèves en cours d’initiation au chinois, en complément des cours d’oral, de grammaire etc… Ils approfondiront leur compréhension de la logique des caractères, de l’étymologie et de la formation des mots.

La deuxième partie est trop difficile pour des débutants, mais tout à fait adaptée à des élèves d’un niveau plus avancé (maîtrise d’environ 500 caractères) qui y trouveront une mine d’informations pratiques et concrètes : commander au restaurant, réserver un billet…

Cependant, je pense que cet ouvrage ne permet pas d’apprendre le chinois : il manque trop d’éléments fondamentaux comme la prononciation, les règles de grammaire… pour constituer un manuel. Il peut être utilisé en complément d’autres manuels, pour apporter un complément d’information ou des exercices nouveaux, par exemple.

Faites-vous votre opinion…
vous pouvez consulter cet ouvrage à la bibliothèque de tchin-tchine.

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Visite guidée

 

Bonjour,

bienvenue sur le site de tchin-tchine!

Pour que vous puissiez vous y sentir chez vous, voici une petite visite de notre site. Il est composé de deux parties :

 

- le site de l'association tchin-tchine : www.tchin-tchine.com

Vous y trouverez des informations sur nos activités associatives (cours et stages de chinois, bibliothèque, manifestations culturelles), une présentation de notre projet, une revue de presse...

 

- Le blog "Au fil des jours" : tchintchine.mabulle.com

Il rassemble des récits de voyage, des outils pédagogiques en chinois, des chroniques de livres ou de films...

Vous pouvez y participer en laissant des commentaires, ou même en proposant des articles.

Pour ne rien manquer, abonnez-vous gratuitement à notre newsletter!

 

Bonne lecture!

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

A la recherche d'une ombre chinoise

Jean-Philippe Béja, Editions du Seuil

Chronique de Fanny Valembois

Cet ouvrage retrace l'histoire des mouvements démocratiques en Chine depuis 1919, date du "Mouvement du 4 mai".

La partie "historique" m'a semblé un peu faible (mouvements de 1919, période pre-révolutionnaire) mais elle est utile pour mieux comprendre la suite : le fonctionnement des groupes et partis démocratiques en Chine aujourd'hui.

J'ai découvert avec intérêt la période de relative liberté d'expression qui a suivi le "Mur de la Démocratie" dans les années 78 : je connaissais très mal cette décennie durant laquelle intellectuels et étudiants ont pu se réunir, débattre et exposer leurs idées relativement librement, notamment à travers les publications de plusieurs revues.

La repression qui a suivi, avec les événements de Tian'anmen en 89, est également bien documentée, et apporte des points de vue intéressants. Ainsi, j'ai été surprise de lire que certains intellectuels qui ont pris part aux manifestations se demandent aujourd'hui si leur action à ce moment n'a pas été plus néfaste qu'utile, puisqu'elle a entraîné une réaction violente de la part du Parti, bloquant le processus démocratique pour des années.

J'ai également été très intéressée par la description de l'action des partis démocratiques ou libéraux à l'heure actuelle : leurs liens avec le Parti, leurs interrogations sur le mode de fonctionnement à adopter (vaut'il mieux agir à l'intérieur ou à l'extérieur du Parti?), etc...

Je pense que ce livre permet de mieux comprendre le fonctionnement politique chinois et de nuancer le jugement que nous portons parfois en bloc sur la politique chinoise. Même si ils restent dans l'ombre (et souvent menacés), l'action des mouvements démocratiques ne peut être niée ou occultée, et notamment leur influence sur les questions sociales auxquelles est confrontée la Chine.

aucun commentaire - aucun rétrolien

La mélopée de l'ail paradisiaque

Roman de Mo Yan, Editions du Seuil

Chronique d'Yves Gravrand

C'est un des livres les plus intéressant sur la Chine actuelle.
Sur fond d'une révolte paysanne à la suite d'une surproduction d'ail qui a entraîné la ruine des paysans producteurs de cette monoculture locale, c'est l'histoire de deux jeunes gens qui ne peuvent se marier car celle qu'il aime a été promise dans un mariage croisé avec la famille d'un cadre du village. Croisé, c'est à dire que l'on donne aussi en mariage la plus jolie au fils, pour caser le frère aîné moins gâté par la nature et boiteux à la fille. Après l' avoir enlevé, le jeune homme se fera rosser et plus.
Histoires aussi de paysans qui enterrent en cachette leur vieille mère, ou se font écraser par le camion de la coopérative et ne reçoivent qu'un peu d'argent en compensation.Les récits des séjours en prison et du procés sont explicites. On est très loin des romans des gamines de Shanghai.



aucun commentaire - aucun rétrolien

Essais sur la Chine

Un livre de Simon Leys aux éditions Bouquin

Chronique d'Yves Gravrand

J'aimerais vous signaler la réédition en Bouquin des textes de Simon Leys sur la Chine.  En octobre dernier je l'avais avec moi lors des longues heures de train de Kashgar jusqu'a Beijing et via Xining. Plusieurs personnes ont été attirés par le poème de Lu Xun  en couverture et faisait en général des commentaires élogieux, plus convenu pour la calligraphie de Mao qui est à l'intérieur.

Je l'ai même fait lire à une petit fille qui faisait la curieuse, elle était étonnée que je ne connaisse pas non plus les caractères qu'elle ignorait. 

Livre surtout intéressant sur l'histoire récente pour ce que la révolution culturelle intéresse. C'est un régal la manière dont il traite tous ces "maoïstes" et ces intellectuels qui se devaient d'aller en Chine et faire un livre, BHL en tête. Surtout lorsque on les a subis comme moi dans les années 70.  Les textes sur la culture et la Chine sont toujours d'actualité.
Il explique très bien l'attitude des Chinois à l'égard du passé (page 739).

Même si on sent partout la présence du passé en Chine, il y a très peu de vestiges historiques et de monuments, et une indifférence au respect de l'historique, il est en plus difficile de distinguer le reconstruit de l'authentique. Si l'on accuse les gardes rouges d'avoir créer un désert culturel, il ne restait déjà plus grand chose à détruire.

Des pages intéressantes sur Victor Segalen.

aucun commentaire - aucun rétrolien

School of Hope

Documentaire de James Howard

Chronique de Fanny Valembois

Le réalisateur canadien James Howard présentait samedi dernier "School of Hope", un documentaire d'une heure sur un programme de scolarisation des jeunes filles pauvres dans les régions rurales.

Le film suit l'équipe de l'école, basée à Pékin, à travers les campagnes du Sichuan. Les enseignants rencontrent des dizaines de jeunes filles d'environ 16 ans, qui ne peuvent plus aller à l'école en raison de la pauvreté de leurs familles. Leur tristesse, et aussi leur espoir et leur détermination à se forger une vie meilleure malgré tout, sont impressionnants et touchants.

Après un examen et un entretien avec les enseignants, une vingtaine de jeunes filles sont sélectionnées pour se rendre à Pékin, où elles suivront un enseignement intensif : cours de mandarin, d'anglais, d'informatique... 

A l'issue de la formation, chacune d'entre elle a trouvé un travail à Pékin, qui lui permet d'envoyer de l'argent à sa famille chaque mois.

Le film est intéressant à bien des égards : il rappelle d'abord les incroyables conditions de vie des ruraux en Chine, oubliés de la croissance. Les familles des jeunes filles gagnent autour de 200 yuan par an (moins de 20 euros)! Et les jeunes diplômées gagnent à Pékin au maximum 450 yuans par mois, pour 10 à 12 heures de travail quotidien.

Le film montre également la volonté de plusieurs femmes d'améliorer la condition des femmes dans les campagnes. Dans les familles pauvres, on ne peut pas payer les études des enfants, et c'est toujours les garçons qui en bénéficient en priorité. Les filles travaillent souvent dès 13 ans, à la maison ou aux champs, et sont mariées très vite.

La fondatrice de cette école privée de Pékin se bat depuis des années pour permettre aux filles de régions pauvres d'avoir accès à l'éducation et à l'enseignement supérieur. A travers ce programme de formation, des conférences, une revue mensuelle destinée aux femmes des campagnes, elle répète inlassablement l'importance de l'éducation, seul vrai moyen d'améliorer la condition des femmes.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Le sang de la Chine

Pierre Haski - Bertrand Meunier / éditions Grasset

Chronique de Fanny Valembois

Après le Journal de Ma Yan, j'ai donc lu un nouveau livre de Pierre Haski. Il s'agit d'une enquête sur les "villages du sida" dans le Henan.

Dans ces villages, l'Etat chinois a organisé à partir des années 80 et pendant des années la collecte du sang des paysans, à grande échelle. Les paysans étaient payés pour vendre leur sang aux centres de collecte, qui le revendaient ensuite à des groupes pharmaceutiques.

Les conditions d'hygiène déplorables dans lesquelles ces prélèvements ont été faits a amené une propagation effrayante du virus du sida, mais aussi de l'hépatite.

Lorsque les premiers cas de maladie se sont déclarés, le gouvernement de la province a décidé... de ne rien décider, et a laissé les paysans mourir sans leur apporter de soin ou même d'information sur le mode de contamination, laissant ainsi les malades infecter leurs proches.

L'enquête se lit d'une traite, et on en ressort bouleversé et choqué. Rien n'est épargné, ni l'incurie médicale, ni les responsabilités politiques, ni le silence étourdissant de la communauté internationale, ni la répression féroce qui a touché les médecins qui ont voulu aider ces malades.

Je vous recommande d'acheter ce livre!



 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Le Journal de Ma Yan

Editions Ramsay 

Chronique de Fanny Valembois

Lors d'un voyage dans la province chinoise du Ningxia, le journaliste Pierre Haski se voit remettre un cahier d'écolière. Ce cahier raconte la vie de Ma Yan, jeune fille Hui (musulmane), troisième enfant d'une famille pauvre, qui confie jour après jour ses difficultés mais aussi son envie d'étudier, pour se créer une vie meilleure.

Au-delà de l'émouvante histoire personnelle, ce témoignage permet également de découvrir une Chine un peu méconnue, celle du Nord Ouest, pauvre et désertique, peuplée de musulmans, oubliée et arriérée.

La découverte de ce cahier, et la rencontre d'enfants dont la volonté d'aller à l'école était empéchée par la pauvreté endémique de la région, a amené Pierre Haski à créer l'association Les Enfants du Ningxia, qui permet à des enfants de recevoir des bourses pour continuer à étudier.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Atelier Faucon à Pingyao

Editions de l'oeil

Chronique de Fanny Valembois

Le photographe Bernard faucon a parcouru la ville de Pingyao, dans le Shanxi, accompagné de  quelques jeunes chinois qu'il a initiés à la photographie.

Ce livre présente le résultat de cette expérience, qui a amené ces jeunes à regarder différement leur ville et à en apprécier la beauté.

Les photographies sont très belles...

aucun commentaire - aucun rétrolien

Lectures diverses / la suite

Par Fanny Valembois

Comme je ne voudrais pas que vous pensiez que je passe mon temps en vadrouille dans les quatre coins de la Chine, voici mes dernières lectures intelligentes...

- le livre de Lucien Bianco sur les révoltes paysannes du début du XX° siècle m'avait donné envie de continuer à me documenter sur le monde rural chinois à une époque plus contemporaine. J'ai trouvé mon bonheur avec un livre de Michel Bonin, Génération Perdue (EHESS 2004).

Ce livre très agréable à lire présente la politique d'envoi des "jeunes instruits" (diplômés du secondaire) à la campagne depuis 1950 et jusqu'au début des années 1980.

La première partie présente les motivations du mouvement : origines idéologiques de "rééducation" des jeunes et de formation d'une nouvelle génération de révolutionnaires, mais aussi ré-éuilibrage des villes et des campagnes pour lutter contre le chômage...

La deuxième partie, la plus intéressante, présente les conditions de vie des jeunes à la campagne : relations avec les paysans, formes de résistance et retours clandestins, mariages, difficultés d'intégration etc... illustrée de photos, cette partie permet de mieux comprendre le mode de vie paysan et rural.

Le livre finit avec l'analyse des résultats de cette politique (et l'auteur est assez négatif) et présente des mouvements similaires dans d'autres pays (ce qui donne d'autres idées de lectures!).


- On m'a ramené de France la dernière édition de Manière de Voir (une publication bi-mensuelle du Monde Diplomatique) consacré à la Chine. Je n'ai pas encore tout lu, mais je trouve la lecture intéressante jusqu'à présent. La première partie rappelle que loin d'être un pays "en émergence", la Chine reprend peu à peu une place "centrale" dans l'équilibre mondial, qui correspond à un long passé de rayonnement asiatique et international. Plusieurs articles d'auteurs français et chinois apportent de points de vue nuancés sur notre manière occidentale de concevoir l'Asie (avec ce que ça peut comporter parfois de clichés et d'idées reçues).

La deuxième partie, qui s'appelle "une société en mutation", me semble plus décevante car elle tombe en partie dans ces "clichés" : croissance à deux chiffres, expansion économique... plusieurs articles apportent cependant un éclairage intéressant sur des problèmes sociaux, écologiques...

Vous trouverez "Jusqu'où ira la Chine", Manière de Voir n° 85, en kiosque pour 7€.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Lectures diverses

Par Fanny Valembois

Depuis mon arrivée à Pékin mi-octobre, j'ai abondamment profité de la bibliothèque du Centre Culturel Français. Suite à quelques demandes d'adhérents, voici une sélection de mes dernières lectures concernant la Chine moderne et contemporaine. Les commentaires n'engagent naturellement que moi!

Après une conférence de J.-L. Domenach organisée à Pékin par les Rencontres Francophones, j'ai eu envie de mettre à jour mes connaissances concernant Mao Zedong. J'ai donc consulté deux ouvrages :

MAO, la vie, la légende, de Claude HUDELOT paru en 2001 chez Larousse
Ce livre présente la personnalité et la vie de Mao à travers deux parties : tout d'abord un rappel historique du parcours du dirigeant, de l'enfance à la mort. Cette partie m'a semblée un peu faible, car très synthétique et donc manquant parfois de précision quant aux éléments de contexte historique, politique, social. La deuxième partie analyse la manière dont le "mythe" a été mis en place, à partir de documents divers : photos, gravures, textes... Cette partie me semble nettement plus intéressante, elle apporte des éléments précis et illustre son propos de nombreux exemples, souvent édifiants (l'épisode des mangues, par exemple...). Ce livre reste une bonne manière d'aborder le "mystère" Mao, mais m'a laissé sur ma faim.

J'ai complété cette lecture avec le récit Le président Mao est Mort de Du Qinggang (éditions Desclée De Brouwer)
Il ne s'agit pas d'un essai mais du récit d'un jeune chinois francophone qui porte sur la Chine et la France des années 1960-1970 un regard plein de naîveté. On apprend à travers ses expériences et ses voyages ce qu'a pu être la vie de jeunes étudiants dans les années Mao. J'ai trouvé ce livre plein de finesse et d'humour, et d'un attachement certain à la Chine. Ce regard plein de comprehénsion et d'humanité m'a touchée.


Après la vie de Mao, je me suis intéressée à une période plus proche avec Les Archives de Tian'anmen de Zhang Liang (pseudonyme), éditions du Félin

Il s'agit d'une compilation de documents internes au Parti Communiste, dans les quelques jours qui ont précédé et suivi les événements de juin 1989. La lecture de ces notes, bilans et rapports est un peu fastidieuse, mais on y apprend énormément sur le fonctionnement d'un parti très mal connu, et la manière dont sont prises les décisions au sommet. Un livre un peu pointu, mais que je recommande à ceux que n'effraient pas ses 650 pages!

Enfin, je relis en ce moment Les origines de la Révolution chinoise de Lucien Bianco (folio), un ouvrage qui reste une référence pour comprendre l'arrivée au pouvoir des communistes en 1949. J'apprécie la clarté de l'exposé, qui aborde la première moitié du XX° siècle par thèmes ( origines intellectuelles, causes sociales, nationalisme, impérialisme) plutôt que chronologiquement, ce qui permet une vue d'ensemble de la période.


Cette lecture fait suite à celle de Jacqueries et révolution dans la Chine du XX° siècle, du même auteur chez la Martinière .

Encore un ouvrage un peu pointu, mais dont j'ai apprécié la précision, la clarté, l'abondance des sources. J'en retire une plus grande connaissance et compréhension du monde rural chinois, du moins pour le début du XX° siècle - et l'envie de lire d'autres ouvrages sur le même thème!

aucun commentaire - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2 3 4