tchin-tchine au fil des jours : jeux chinois, articles, conseils de lecture...

De soie et de sang

Qiu Xiaolong (Liana Levi, 2007)
Chronique de Francis Lucas


On retrouve ici pour la cinquième fois l'inspecteur Chen, policier amateur de poésie et de littérature, dans le Shanghaï des années 1990. Cette fois il est confronté à des meurtres en série de femmes vêtues d'une "qipao" rouge (vêtement traditionnel chinois). Comme pour provoquer la police, les corps sont déposés dans des avenues très fréquentées de la ville. Officiellement Chen ne s'occupe pas de l'affaire car il a pris un congé pour reprendre des études de littérature, mais qui sait si les romans et les meurtres ne vont pas se rejoindre ?

www.tchin-tchine.comJ'avais vraiment beaucoup aimé les quatre premiers romans de cet auteur qui présentaient l'évolution de la Chine actuelle à travers des intrigues policières. La corruption, le poids du passé politique, le pouvoir du Parti encore aujourd'hui, la transformation radicale de la ville de Shanghaï, autant de thèmes que l'on découvrait à travers des intrigues qui n'étaient que des prétextes pour mettre en valeur tous ces changements. Cette fois le thème choisi, un serial killer, m'a beaucoup moins intéressé. Des histoires de maniaque sexuel, on en a déjà vu mille fois, et j'ai trouvé que le côté "polar exotique chinois" était beaucoup moins présent que dans les autres romans.

Certes il y a toujours le plaisir de retrouver l'inspecteur Chen, lettré et gourmet, mais l'intrigue est très prévisible et la chute assez banale. A recommander donc uniquement aux fanatiques de la série. En revanche, pour ceux qui ne connaissent pas, lisez les précédents !

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Leçons sur Tchouang-tseu

Chronique de Fanny Valembois

BilleterJean François Billeter, sinologue suisse, nous invite à la découverte du « Zhuangzi », un des grands textes fondateurs du taoïsme. En quatre grandes parties qui s'intéressent au « Fonctionnement des Choses », aux « Régimes de l'activité », à la Confusion et à la Subjectivité, Billeter donne son éclairage sur la pensée de Zhuangzi.

Grâce à des traductions de sa main, expliquées et étayées, parfois en opposition avec les traductions classiques, grâce aussi à son commentaire pétillant et plein de saveur, Billeter  nous restitue toute la saveur, toute l'audace de ce texte essentiel. Il livre de nombreuses clefs pour la compréhension de la pensée taoïste, qui pour ma part reste très mystérieuse. La grande force de ce commentaire est de s'appuyer sur des exemples concrets et précis : la pensée de Zhuangzi n'est plus ici une mystique inaccessible, mais plutôt une conception du monde, et du rapport de l'homme au monde, que chacun peut mettre en pratique.

Une « leçon » qui se déguste comme une gourmandise, qui attise la curiosité, sans aucune pédanterie... Je n'ai plus qu'à me plonger dans les roboratives « Etudes sur Zhuangzi », du même auteur !

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Fleur de Neige

Un livre de Lisa See
Chronique d'Aurélie Croiziers

Fleur de neigeFleur de Neige est la fresque de la vie de deux femmes chinoises au cours du 19ème siècle : une magnifique histoire d'amitié, mais aussi un témoignage sur la triste place des femmes chinoises dans la Chine impériale.

Fleur de Lys, la narratrice, d'origine paysanne, et Fleur de Neige, d'origine aristocratique, sont nées la même année, le même jour, à la même heure. Elles sont « laotong », âmes sœurs pour l'éternité. On suit leur destin croisé pendant  400 pages : l'ascension sociale de la première et la déchéance de l'autre. En dépit des difficultés de la vie, leur amitié perdurera ...

Ce livre est une ode à ces deux femmes chinoises : on découvre la force et la beauté de leur caractère malgré  leur position sociale inférieure, en tant que femmes, elles se considèrent elles mêmes comme des « branches inutiles », dont l'ultime but dans la vie est d'avoir des fils. 

L'auteure, Lisa See est d'origine chinoise, elle est née à Paris et vit aux Etast-Unis. Elle s'est rendue dans la région de Jiangyong, dans la province du Hunan, où le récit se situe, et a mené une enquête auprès des vieilles femmes de la région. Ce livre a une très grande valeur documentaire sur la place des femmes dans la Chine impériale.

On y découvre le « nu shu », ou écriture secrète des femmes, qui lie les deux héroïnes pendant tout le récit. Il s'agit d'une langue écrite et chantée uniquement utilisée par les femmes Yao. En effet, dans la Chine féodale, les femmes n'avaient pas accès à l'éducation et étaient condamnées à l'isolement social. Le nu shu se serait transmis de mère en filles dans des régions rurales coupées du monde. Croyant les femmes inférieures, les hommes ne se sont pas intéressés à ces codes secrets qui sont ainsi restés inconnus pendant des siècles, jusque dans les années 1960.

La tradition des pieds bandés est aussi au centre de ce livre. Véritable torture qui a perduré jusqu'aux années 1960, cette tradition a mutilé des milliers de femmes : on leur bandait les pieds quand elles avaient moins de 10 ans pour obtenir des « lys dorés » qui ne devaient pas dépasser la dizaine de centimètres. Cette pratique les condamnait à rester cloîtrer chez elle toute leur vie en plus des souffrances insoutenables qu'elles subissaient pendant 2 à 3 ans (le temps que tous leurs os se brisent). La lecture du chapitre qui traite du bandage des pieds de l'héroïne m'a touchée au plus au point : un témoignage rare reflétant une douleur subie par les femmes chinoises pendant plusieurs siècles.

Fleur de neige est un fascinant voyage dans la Chine du 19ème siècle, un livre instructif et touchant à la fois, à découvrir !

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Vacances!

Pas d''articles pendant quelques jours, le temps pour nous de profiter de vacances (bien méritées?)...

Mais nous vous retrouvons très bientôt avec plusieurs rendez-vous :


- Rencontre avec Fabienne Verdier
En partenariat avec la librairie Ombres Blanches, nous vous invitons à rencontrer la calligraphe Fabienne Verdier à l'occasion de la sortie de deux ouvrages.
Le 9 novembre à 18h, librairie Ombres Blanches (Toulouse)

- Lire la Chine
En partenariat avec la librairie Terra Nova, nous vous proposons de nous retrouver autour des livres que nous avons aimés : lectures d'extraits, présentations et échanges de points de vue, pour partager le plaisir de lire la Chine...
Le 21 novembre à 19h30, librairie Terra Nova (Toulouse)

- Récit de voyage
Région de déserts aux frontières du Tibet, de la Mongolie intérieure et de la Chine du Lœss, le Gansu abrite des communautés musulmanes et tibétaines. Du Monastère de Labrang aux grottes de Dunhuang, découvrez les merveilles historiques et architecturales qui ont vu passer les caravanes de la route de la Soie...
Le 4 décembre à 20h, Labarthe sur Lèze

- Exposition
La galerie BAM vous propose de découvrir les peintures d'Ouyang Jiaojia, lors d'une soirée réservée aux adhérents de tchin-tchine, et en présence de l'artiste...
Le 11 décembre à 18h30, Galerie BAM (Toulouse)

à très bientôt!

L"équipe de tchin-tchine

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Tu es une rivière

Chi Li, éditions Acte Sud
Chronique de Fanny Valembois

www.tchin-tchine.comChi Li signe une fois de plus un portrait de femme, singulier et dérangeant, au centre d'une histoire familiale secouée par les soubresauts de l'histoire chinoise.

Comment survivre, lorsqu'on est une jeune veuve mère de huit enfants, dans un bourg chinois des années 1960 ?

Sans misérabilisme, sans forcer le trait dramatique, Chi Li décrit le délitement de cette famille, les jalousies, les déceptions, la cruauté des rapports entre les enfants et leur mère. Le destin de chacun des enfants fait écho à l'histoire de la Chine : le jeune cadre du parti, le renégat, l'étudiante envoyée à la campagne, plus tard l'homme d'affaires...   chacun se débat, aux prise avec un destin qui le dépasse.

L'écriture simple, lucide et terre à terre, donne d'autant plus de force au propos.  On s'attache à suivre ces personnages qui ne sont pourtant guère sympathiques, enfermés dans leur lutte pour survivre, pour trouver une place dans cette société qui les malmène.

Les notes renvoient à des explications culturelles très riches, éclairant le lecteur sur le contexte politique, économique et social de l'histoire. Bref : rien à redire à cette lecture à la fois agréable et facile, mais aussi grave et touchante.  

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Le mariage de Tuya

Un film de Wang Quan An
Chronique d'Aurélie Croiziers

www.tchin-tchine.comLe mariage de Tuya, le dernier film de Wang Quan An, a obtenu l'Ours d'or au festival de Berlin 2007.

Tuya, une bergère mongole, se bat pour faire vivre ses enfants et son époux : à la suite de l'accident de ce dernier, elle endosse le rôle de chef de famille, qui au coeur de la Mongolie Intérieure chinoise, est une condition trop difficile pour une femme seule. Afin de sortir de cette situation intenable, elle se résout à divorcer et à trouver un nouveau mari qui pourra prendre en charge sa famille, y compris son premier époux. 

Ce film est totalement prenant : la beauté des paysages, la dureté de la vie filmée avec justesse, et surtout le portrait d'une femme hors du commun en font un vrai chef d'œuvre. Yu Nan, l'actrice principale, est à la fois réaliste et attachante. Elle seule est professionnelle : tous les autres personnages sont joués par des Mongols qui ont endossé leur propre rôle pour le film. Le réalisateur a choisi la manière la plus authentique pour éclairer cette région peu connue.

Wang QUan An pose en effet un regard très juste sur les conditions de vie très dures dans cette région où les bergers essaient de préserver leur mode de vie traditionnel. A Berlin, le cinéaste avait expliqué avoir "voulu mettre un peu du mode de vie mongol sous du papier cellophane, pour l'avenir", car celui-ci est "sacrifié au nom de la croissance économique". 

Ce n'est pourtant pas un film misérabiliste. Wang Quan An a su allier la comédie au drame : « J'aime le mélange des genres, associer la joie à la cruauté. C'est comme la vie. Elle est à la fois une comédie et un drame (...)  Les drames de l'existence des personnages n'ont pas pu leur ôter la joie de vivre et la fierté. »

Je vous conseille chaleureusement d'aller voir ce film !
(vous pouvez consulter la bande-annonce ici)

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Une librairie pas comme les autres

www.tchin-tchine.comLe Phénix est une librairie unique en son genre : depuis plus de quarante ans, elle propose aux sinophiles de tout poil un très large éventail de la production littéraire sur la Chine et le monde chinois. C'est en fait la première librairie européenne sur ce thème !

Créée en 1964 par Régis Bergeron, historien du cinéma chinois alors de retour de Chine, elle s'est étoffée au fil des années pour occuper un espace de trois niveaux situé au cœur de Paris, et être la librairie de référence dans de nombreux domaines. Ses rayons comptent des livres en français d'éditeurs spécialisés chinois ou français, mais aussi de nombreuses publications en chinois, livres et presse.

Vous y trouverez tous les ouvrages de référence sur les méthodes de langue, la civilisation, les beaux-arts, la calligraphie ou encore la jeunesse, la littérature ou la médecine. Quelques rayons sont aussi consacrés au japonais ou à d'autres pays d'Asie.

Une équipe de huit libraires, sinologues et sinophiles peut vous conseiller ou vous renseigner de manière pointue. Cette équipe édite aussi des catalogues qui regroupent les livres estimés importants dans l'univers de l'édition chinoise.

La librairie touche le public chinois et le public français qui aime la Chine ; c'est un passage obligé pour les étudiants en langue chinoise, les spécialistes ou les voyageurs curieux.

Des rencontres sont aussi organisées avec les auteurs, de manière ponctuelle, selon les coups de cœur de l'équipe. La prochaine a lieu le 28 septembre, où Jérôme Bourgon viendra expliquer l'imagerie et les mythes des « supplices chinois ». Peut-être une première occasion de découvrir un lieu hors du commun ?! 

Adresse : 72 bd Sébastopol, Paris 3ème 

Infos / renseignements : http://www.librairielephenix.fr/

 

(crédit photo : http://www.ilhaformosa.org/)

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Chine, un autre regard

Numéro spécial Chine du magazine Ulysse
Chronique d'Aurélie Croiziers

www.tchin-tchine.comUlysse, le magazine culturel du voyage, a dédié son numéro d'été à la Chine. Contrairement à d'autres médias qui annoncent la Chine en couverture mais dont le contenu est très souvent léger, ce numéro spécial propose une quarantaine de pages pour découvrir divers aspects culturels et touristiques du pays.

Le dossier s'ouvre sur une introduction à la culture chinoise, et plus précisément la manière qu'ont les Chinois de considérer leur patrimoine culturel. Ce qui n'a rien à voir avec la conception occidentale : en Chine, l'écriture est plus importante que les bâtiments et l'esprit d'un site compte plus que les pierres qui le composent. Plusieurs exemples édifiants nous sont proposés.

La lecture se poursuit avec un récit de voyage, dans une ville pourtant peu réputée pour ses atouts touristiques : nous sommes invités à découvrir d'un œil nouveau la ville géante de Chongqing. Le patrimoine se cache parfois là où on ne l'attend pas !

Les auteurs sont aussi critiques vis-à-vis du respect du patrimoine. En témoigne ce musée qui donne une vision tronquée et très réductrice de la conservation du patrimoine lors de la construction du Barrage des trois Gorges. Une autre critique concerne l'attitude des Chinois en tant que touristes étrangers : on y voit le fossé qui sépare parfois l'avancée économique du pays et l'étiquette, ou même l'éducation... mais aussi c'est aussi une illustration des différentes manières de considérer le tourisme.

Un feuillet sur la Grande Muraille nous est ensuite proposé : entre vandales et touristes peu respectueux, on découvre les défis que cet emblème de la Chine doit aujourd'hui relever. Des atouts qui peuvent sembler légers, mais essentiels du charme de la Chine, sont ensuite soulignés : la bonne chère et le dynamisme des parcs publics urbains. Le dossier se termine par un questionnement artistique : comment les cinéastes chinois peuvent-ils représenter ce pays en pleine mutation ?

Ce magazine présente une série d'articles de fonds, creusés. Les thèmes sont variés et l'ensemble semble du coup un peu « fourre-tout », les papiers ayant peu de lien entre eux. Ce dossier nous invite surtout à remettre en question une vision unique du patrimoine et certaines de nos pratiques touristiques.

Ulysse n° 117 (juillet août 2007)
articles en ligne : http://www.ulyssemag.com/2007-06-reportage-taiwan-une-autre-asie-372-0.html

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Soirée de rentrée!


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L'équipe de tchin-tchine a le plaisir de vous inviter à sa présentation de saison,

Mercredi 26 septembre à 20h
à l'auditorium de la Mairie de Blagnac


Nous fêterons ensemble les 5 ans de tchin-tchine!
et nous partagerons bilans et projets, autour d'un buffet

Entrée libre, sur réservation!

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Masques de Chine, rites magiques de Nuo

Chronique d'Aurélie Croiziers


www.tchin-tchine.comUne très belle exposition s'est tenue pendant cinq mois au musée Jacquemart-André à Paris. La centaine de masques exposée dans six salles était tout à fait captivante : Les origines, l'influence taoïste, l'influence Ming, la fertilité, la figure du juge Bao ou la théâtralisation du Nuo étaient les thèmes mis en avant pour mieux faire comprendre cet art traditionnel. La muséographie simple, mais efficace, mettait toutes les pièces en valeur, beaucoup étant accompagnées de légendes très explicites.

Au-delà de la valeur artistique de l'exposition, c'est tout un univers qui nous était donné à découvrir : celui du Nuo. Le Nuo désigne l'expulsion des démons, qui se manifeste par des cérémonies rituelles existant depuis l'Antiquité et pratiquées dans les campagnes comme à la cour. Les écrits du Rituel des Zhou et le Livre des rites, ainsi que des fresques murales de diverses provinces de la Chine et des vases en bronze du Ve siècle av. J.-C attestent de l'ancienneté de ces pratiques. Alors que l'univers rituel traditionnel africain est très réputé, son équivalent chinois reste méconnu.

Les rites d'exorcisme chinois étaient pourtant très importants dans la Chine ancienne où les maladies étaient attribuées à la présence de démons. Au cours de cérémonies publiques, les masques personnifiaient les démons, les prêtres ou d'autres rôles importants de la vie collective chinoise (juge...). Masqués pour se déguiser en dieux, les villageois dansaient et faisaient des bruits étranges pour effrayer les forces maléfiques. La puissance attribuée aux masques permettait de repousser les démons et d'attirer la clémence des dieux. La tradition du Nuo s'est enrichie des influences bouddhiste et taoïste et a permis le développement d'un panthéon plus large encore.

Peu à peu, le théâtre a pris une place dans ces rites d'exorcisme : au départ pour raconter des légendes à la gloire des dieux, puis sous forme comique pour utiliser le rire comme arme contre les démons. Cette forme théâtrale s'est peu à peu détachée du rite pour donner naissance au théâtre du Nuo et se pratique aujourd'hui encore sous forme de théâtre de rue.

Pour ceux qui n'ont pas pu voir cette très belle exposition, un livre a été édité par le commissaire de l'exposition « Le masque de la Chine, les masques de Nuo ou la face cachée du dernier empire » publié chez Actes Sud.

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L'influence de la pensée chinoise au Siècle des Lumières

Visions de l'autre : Chine, France, Hua Meng, éditions de l'Université de Pékin
Chronique de Fanny Valembois


Longtemps je me suis couchée de bonne heure j'ai pensé qu'un jour ou l'autre, je comblerais mes lacunes dans le domaine de la philosophie. Puis je me suis résignée à ne jamais briller dans les dîners mondains, du fait de mon inculture crasse.

 Et voilà qu'au hasard d'une lecture, un coin de la pensée chinoise et de la philosophie des Lumières me tombe dessus!

 "Visions de l'autre, Chine, France" est une compilation de conférences données par Hua Meng, chercheuse en littérature comparée franco-chinoise.

La première partie de ce livre expose l'influence de la pensée chinoise au siècle des Lumières : on y comprend comment les jésuites ont ramené de leurs missions chinoises une connaissance tronquée de la pensée chinoise, notamment du confucianisme, au coeur de la "querelle des rites" : l'Eglise catholique devait-elle ou non accepter l'importance et l'influence du confucianisme?

Cette question divisa la société du 18ème siècle et attira l'attention des philosophes des lumières : Voltaire, le plus passionné, étudia la Chine d'un point de vue historique, philosophique et politique, retrouvant dans la "bénévolence" au coeur du confucianisme des valeurs proches de son humanisme.

L'écriture claire et rigoureuse de Hua Meng permet de saisir sans difficulté les enjeux de l'appropriation par les lumières de la pensée confucéenne ; au-delà de son exposé, elle donne envie de se plonger dans les oeuvres citées (Voltaire, Rousseau, Diderot...). Une lecture à compléter par l'excellente " Histoire de la pensée chinoise" d'Anne Cheng.


Ces deux ouvrages sont disponibles dans la bibliothèque de tchin-tchine.

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Révisons, révisons!

www.tchin-tchine.comIl est temps de commencer à réviser caractères et tournures grammaticales pour être prêt pour la rentrée!

Les élèves débutants (et moins débutants!) trouveront leur bonheur avec ce petit mémo publié chez Librio : un format pratique à emporter partout et un tout petit prix (2€, et même moins en commandant sur internet...).

Chaque leçon permet de réviser un point de grammaire essentiel à travers un petit texte et des exercices (corrigés en fin de manuel). Le petit plus? Une page en ligne où on peut écouter les dialogues et le vocabulaire de chaque leçon.

Vous n'avez plus d'excuse pour ne pas vous y remettre...

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tourisme ethnique en ombres chinoises

Un livre de Geneviève Clastres, éditions
Chronique de Fanny Valembois

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De ses nombreux voyages dans le Guizhou (sud de la Chine), Geneviève Clastres, sinologue, ethnologue et surtout grande voyageuse, a rapporté la matière de ce livre, à mi-chemin entre le carnet de voyage et la réflexion sociologique.

Le Guizhou, enclavé et longtemps fermé aux touristes, a longtemps préservé une authenticité incomparable. Dans des paysages de rizières magnifiques, les ethnies Miao, Dong, Gejia... y font vivre leurs traditions, faites d'architecture unique, de costumes colorés, de bijoux artisanaux, de spectacles de chant et de danse.

Cet équilibre est bien sûr rendu précaire par la présence Han, par le développement industriel et par les migrations internes qui dépeuplent les villages au profit des grandes villes. Mais c'est l'apparition du tourisme de masse qui fait peser le plus de menaces sur un espace naturel et humain peu à peu dénaturé.

Geneviève Clastres questionne ce phénomène relativement nouveau : le tourisme, chance de développement, ou facteur de disparition d'une culture, par sa folklorisation ? Nous la suivons pas à pas, sur les routes défoncées du Guizhou, pour chercher ce qui fait l'âme de ces villages et ce qui persiste en dépit du tourisme. Elle partage avec nous ses espoirs et ses illusions face à ces ethnies fascinantes.

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Seule ou en groupe, l'auteure est confrontée à des situations diverses qu'elle cherche à analyse : il ne s'agit pas de raconter un voyage, mais de noter les interrogations, les réflexions et les doutes nés de cette expérience.

Plusieurs chapitres contiennent des retranscriptions de dialogues entre membres d'un voyage organisé : les échanges sont souvent savoureux et rappellent immanquablement des situations que chacun de nous a connues. La quête de la bonne photo, l'obsession de l'hygiène, l'aveuglement idéologique... nous empêchent parfois de voir simplement ce que nous avons sous les yeux, parce que l'étranger ne correspond jamais à ce que nous en avons rêvé avant le départ.

Pour avoir moi aussi voyagé dans le Guizhou, les questions de ce livre ont résonné en moi. J'en conseille la lecture à tout touriste sur le départ : s'interroger sur ses motivations au voyage, sur ses attentes et sur l'impact de notre comportement sur les populations locales, tout cela enrichit notre manière de voyager !

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Films chinois : des nouveautés chez tchin-tchine

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tchin-tchine vous propose une sélection de nouveaux films en DVD, à emprunter ou à consulter sur place.

Une trentaine de films de fiction, représentatifs d'une dizaines de cinéastes... certains sont sous-titrés en français, d'autres en anglais.

Vous retrouverez des nouveautés récentes (Still Life, Cité Interdite..) ainsi que des classiques de Zhang Yimou (l'empereur et l'Assassin), Chen Kaige (L'enfant au Violon) etc...

Découvrez ci-dessous la liste de toutes les nouveautés!

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Still Life, un film de Jia Zhangke

 

Chronique de Fanny Valembois

 

still life, www.tchin-tchine.comAprès Platform et Plaisirs inconnus, Jia Khang Ke continue à explorer les bouleversements de la société chinoise dans Still Life, son dernier film, qui a reçu le Lion d'Or au festival de Venise.

Sur les bords du Yangtsé, en aval du fameux barrage des Trois Gorges, la vie de milliers de personnes est bouleversée par la montée des eaux, lente et inexorable. Au milieu des maisons détruites une à une, à la masse, par les habitants eux-même, nous suivons le parcours de personnages déracinés. Un homme à la recherche de sa femme et de sa fille, disparues 16 ans auparavant ; une femme dont le mari a déserté la maison depuis deux ans...  les destins se croisent et s'effleurent, dans un ballet nostalgique empreint de lenteur, d'amertume et de regrets.

D'une lenteur parfois étouffante, le film rappelle, par sa forme, par la recherche esthétique, toujours présente, par l'absence de discours ou de morale explicite, la tradition chinoise du récit : une expérience parfois déroutante pour le spectateur.

Le film offre surtout une vision fascinante de cette vie en gravas, dans des paysages d'une désolation presque irréelle. On mesure ici les sacrifices consentis pour un projet économique faramineux, qui broie sur son passage ceux-là même qui doivent profiter de ses retombées. 30 ans après l'ouverture de la Chine au marché mondial, ces scènes rappellent la démesure des grands plans maoïstes : en Chine, aujourd'hui comme hier, la politique a le pouvoir de transformer la réalité. Mais le prix à payer a-t'il été mesuré ?

 

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