tchin-tchine au fil des jours : jeux chinois, articles, conseils de lecture...

Yunnan photographique #3

Ephémère microcosme des voyages en train
Libre cours à l'imaginaire qui nous transporte vers un ailleurs.

Au milieu des plantations d'hévéa
Sur les indications d'un guide de voyage, nous partons à la recherche d'un village Jinuo qui vivrait dans un cadre idyllique au pied d'une cascade. Les indications des passants sont assez floues. Comme toujours, quand nous demandons à quelle distance se trouve tel ou tel endroit, on nous répond qu'il y a entre trois et cinq km. Nous avançons, toujours rien ... J'arrête un homme à moto, qui me promet d'aller se renseigner, mais un moment plus tard, quand il revient, il cherche à nous dissuader d'aller à cet endroit. Il prétend que ce lieu n'existe pas et que nous ne devrions pas nous attarder dans ce coin. Lorsque nous arrivons enfin l'accueil est glacial. Le grand groupe qui jouait aux cartes interrompt ses conversations tout en feignant de nous ignorer.

Soirée cirque
Nous nous sommes glissés discrètement sous le chapiteau bondé, en cours de spectacle. Un sketch, une allusion aux grands nez des étrangers et tous les spectateurs se tournent vers nous. Nous avons encore été repérés cette fois-ci... Les numéros comprennent des acrobaties d'enfants contorsionnistes, des chants classiques et des tours comiques au cours desquels les spectateurs sont invités sur scène.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Soirée "récit de voyage" : La Chine du loess

Aurélie Croiziers www.tchin-tchine.com Aurélie Croiziers vous emmène dans le Nord Est de la Chine, dans la région du Lœss, sur les traces de la Chine historique.

Sur plus de 1000 kilomètres de distance, vestiges archéologiques, sites bouddhiques sacrés, mais aussi ville impériale et la célèbre armée de soldats en terre cuite sont à découvrir ou à redécouvrir ensemble.

Un regard personnel sur une région ancrée dans le passé, mais tournée vers l'avenir grâce à des attraits touristiques incontournables.

 

Mercredi 24 mai à 19h, Espace Asia, 5 rue Croix-Baragnon à Toulouse. Entrée Libre, réservation conseillée (06.09.89.09.71 ou contact@tchin-tchine.com)

aucun commentaire - aucun rétrolien

Yunnan photographique #2

 Marilou Castilla - www.tchin-tchine.com
Festin de sauterelles
Nous avons sympathisé avec des membres de l'ethnie Wa. Ce soir, on prépare un repas de fête spécialement en notre honneur : du poulet mijoté avec du riz et de la menthe, des sauterelles grillées, un genre de cocktail à base d'alcool de riz... Nous avons le privilège d'essayer leurs costumes de fête.
www.tchin-tchine.com

« Les garçons et les filles c'est aussi bien »
Ces slogans sont présents dans tous les villages. La politique de l'enfant unique lancée en 1978 a donné lieu à des infanticides de fillettes, qui ont entraîné un déséquilibre de la répartition entre les hommes et les femmes de l'ordre de 120/100. Dans les années 80, les mesures se sont assouplies dans les campagnes en autorisant un deuxième enfant si le premier était une fille. Aujourd'hui, l'infanticide a reculé mais pas l'avortement sélectif.
En quittant ce village, nous sommes escortés par un grand groupe d'enfants. Ils m'offrent des fleurs tout le long du chemin. Arrivée dans la vallée, j'ai un magnifique bouquet.

 
pascal Soyeux - www.tchin-tchine.com
Cohue au guichet
A qui s'adresser lorsqu'on vous dit qu'il n'y a plus de place et que néanmoins tout le monde achète des tickets ?
Textes et photos : (c) Marillou Castilla et Pascal Soyez

aucun commentaire - aucun rétrolien

Yunnan photographique #1

www.tchin-tchine.com
8500 m au dessus de la Mongolie. Qui a fait un trou dans la vitre ?
www.tchin-tchine.com
Achats de rubans pour la confection de costumes chez les Hani.
Le Yunnan abrite de nombreux marchés où l'on croise encore les femmes des diverses ethnies dans leurs costumes traditionnels. Ces marchés sont des lieux de commerce, mais aussi de rencontre et d'échange social entre ces ethnies.
 www.tchin-tchine.com
Au paradis  des cochons noirs, c'est l'heure de la sieste
Le Yunnan  reste l'une des régions les plus photogéniques de Chine. Ici, pas de chat, pas de chien, mais de nombreux cochons noirs qui flânent et se prélassent dans les rues...
 

aucun commentaire - aucun rétrolien

ABCDaire de Pékin : Villes

... Que cette ville est grise, et que je l’ai aimée ! Ca n'aura pas tardé : après Paris, Toulouse, Londres ou Hanoi, la grouillante, la puante, l'attachante Pékin est désormais mienne. Comme l'a si bien dit Romain Duris, de son accent chantant la sortie tardive d'adolescence : « De cette ville, aujourd’hui, je ne sais rien – si ce n’est une chose : que dans six mois j’y saurai tout, que dans six mois elle sera mienne ».

L’attachement aux villes est une constante extraordinaire de la vie du voyageur, en tout cas de la mienne. Toutes se ressemblent tellement qu’on finit par les aimer pour leur diversité, leur caractère si délicieusement unique – ou peut-être le contraire, qui sait ? La sociologie du relativisme culturel nous enseigne ceci : il y a des universaux mais ils se disent et se vivent de manières différentes. Comment reconnaître le fond commun qui nous unit à travers la diversité qui nous sépare ? (E. Sizoo).

Le fond commun de tout milieu urbain, c’est ce qui fait sa raison d’être : un rassemblement difforme d’êtres humains, des hommes, des femmes, des gosses, et leur lot quotidien de cris, de joies, de doutes et de galères. Tout ce qui va avec : la nécessite de se déplacer tous en même temps, donc les réseaux de circulation saturés ; le besoin irrépressible de se vêtir, de se nourrir, donc la multiplication des marchés et restaurants, car il est toujours plus agréable de partager un repas avec un frère même ennemi qu’avec un téléviseur.

L’application dans toute sa diversité, c’est : des métros plutôt que des rickshaws, des taxis jaunes plutôt que des autobus défoncés cahotant sur des routes mal pavées aux sons d’une canto-pop éculée ; des grands-mères qui vendent des crapauds vivants dans des filets plutôt que des poireaux en bottes sous une halle, des oeufs de canne lorsqu'il n'y a pas de poule, des tortues auxquelles on arrache la carapace vivantes plutôt que des homards car la mer est trop loin ; des chats sur les toits, sur les trottoirs ou affalés dans un sofa ; des bouibouis enfumés aux vapeurs de vinaigre plutôt que des kebabs ou des croque-monsieur salade, mais gargotte chinoise et brasserie parisienne restent... « du coin » !

Des lors qu'on commence à prendre des repères, à reconnaître son chez-soi, à préférer un plat plutôt qu’un autre, à définir ses sorties shopping ou cinéma et ses séances d’observation dans les lieux de passage, quels qu’ils soient, alors on cesse d’être un touriste, un élément de passage, pour devenir un résident, on quitte la peau du spectateur pour se fondre dans celle, plus excitante, de l’acteur, à la simple échelle de son petit entourage mais qui vous donne un rôle. On redonne un sens à sa vie dans un contexte qui n’aurait a priori pas dû en proposer, et de s’en rendre compte un soir, en traversant la rue, vous arrache un sourire comme seules savent le faire des petites filles à couettes roses ou des grands-pères sans dents.

Je suis chez moi à Pékin et je sais que la quitter sera bien dur. Ou que j’atteigne cependant, au cours des six prochains mois, je sais d'ores et déjà que le bonheur au quotidien s'y trouvera, et ça me remplit d'un enthousiasme sans fin, pour la vie, pour le monde - un appétit gargantuesque.

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Wagons

Où ce dernier me portera-t-il ? Tourner la page chinoise, oui, à condition de bien profiter du retour.  Une solution, un brillant compromis s'est imposé et, sur les traces des plus grands, je rentrerai donc par le Transsibérien. Ma première semaine d'août sera ainsi consacrée à la nostalgie créatrice et aux parties d'échecs-vodka avec mes compagnons russes, a travers les steppes sans fin du plus grand pays du monde. Le lac Baïkal, la Sibérie, l'Oural, Saint-Pétersbourg... Le formulaire de visa, au papier délicatement jauni par le temps, que m'a remis ce matin l'Ambassade de Russie, me demande si j’ai jamais possédé la citoyenneté de l’URSS... Je ne sais rien de ce vaste continent mais une chose déjà est certaine : il me tarde de rencontrer les Russes !

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Xiang Gang

D’autres wagons, avant cela, m’avaient aussi mené vers de charmants trésors. A commencer par ma dernière étape avant Pékin, une autre ville qui en un éclair m’a attaché : Xianggang, le Port Parfumé, la fabuleuse Hongkong.
Je ne sais quoi dire ici, il y en aurait trop sans doute. Contentons-nous d’évoquer les allées et venues, bien suffisantes en soi, à travers la baie, du séculaire et toujours fonctionnel Star Ferry, les tramways à l'impériale qui zigzaguent, de leur vert rouille d’avant-guerre, au travers d'étroites rues envahies de pharmacies traditionnelles qui étalent orgueilleusement tendons de yeti à demi-rongés, geckos volants tristement aplatis, ailerons de requin grands comme si on écartait les bras, soupes d'hippocampes ou perles de vers a soie. N’oublions pas les centaines, les milliers de petites femmes de ménage indonésiennes et philippines qui, oubliées la semaine, sortent de leur trou le dimanche et s’en vont toutes ensemble pique-niquer et ragoter au pied des vieux immeubles coloniaux. Et puis bien sûr ce front de mer incroyable, vu et revu et qu’on ne verra pourtant jamais assez, cette herse, plus compacte qu’un pack anglais, de tours qui montent à l'assaut du pic Victoria dans une formidable course-poursuite de prouesses architecturales et lumineuses. J’y aurai passé deux fois six jours, c’est pourtant déjà comme une seconde ville natale.
Elle ne vaut pourtant que parce qu’à une heure de bateau vers l’ouest il y a aussi son pendant lusitanien, Macau, la désuète, l’abandonnée, encore plus philippine, encore plus portugaise, encore moins crédible en tout cas, dans laquelle il fait bon flâner et s’imaginer les mille autres vies qu’on aurait pu avoir. Aller passer quatre mois dans une piaule minable de l’un de ces gratte-ciels délabrés aux teintes pastels, mauves, vert pâle ou bleu tempête, qui confèrent au petit territoire des allures terriblement tropicales – Manille, Sao Paulo, Dacca telles qu’on les imagine ; ce pourrait être une brillante idée. Une occasion de faire le point, au contact d’une identité qui, entre marins de l’Ancien Monde et modestes commerçants chinois, ne semble pas avoir évolué depuis quatre longs siècles.

 

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Yesterday

Voila. J’évoque ici la nostalgie, celle des instants magiques que j’ai vécus et des histoires tragiques que je n’ai pas connues ; je me tourne volontairement vers le passé car c’est peut-être encore ce que je sais raconter de mieux, et puis par prévention de l’avenir. Ce texte servira de témoignage de mes cinq mois passés au coeur d’un pays prétentieux, ambitieux, déjà le plus peuplé du monde et qui voudrait être aussi le plus, le plus, le plus quoi ? le plus tout, et qui ne le sera probablement jamais, si ce n'est le plus formidablement déstabilisant et attachant. Yesterday, zuo tian, c’est ce hier qui fait toute la force des Chinois, c’est là qu’ils puisent les ressources pour ne pas plonger totalement et entretenir l’espoir que demain tout ira mieux. C’est une belle leçon de vie et je vous invite à la méditer en conclusion.

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Zhang Qing

J’aurais pu terminer sur Zhouqin, petite chinoise touchante du Hunan, perdue dans la grande Beijing et qui m’inonde, pour tuer l’ennui, de messages téléphoniques dans un anglais plus qu’approximatif qu’elle enseignait pourtant au pays. Son dernier en date, "I love you too" est si mignon !

Je bouclerai pourtant la boucle, dans un style littéraire d’une grande facilité, mais après vingt-six lettres,  vous ne sauriez être exigeants, avec celle qui m’a permis d’entamer ces carnets. Elle sera le pilier unique de mes préoccupations pour le mois à venir, et je la remercie vivement de m'avoir redonné la force d'écrire après de longs mois sans envie. Je ne verrai pas grand chose d'autre de la Chine, mais comme a dit le poète : « l’Amour avant, tout le reste derrière ».

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

ABCDaire de Chine : Routes d'exil

Je tentai d'aller voir autre chose que Pékin, suivant l'adage selon lequel un pays ne se résume pas à sa capitale. Mais qu'il est difficile d'en sortir ! D'abord parce qu'on y vit en autosuffisance, sociale, culturelle, consommatrice, et que seules les envies de grand air vous poussent à la quitter. Ensuite parce que la ville est immense et uniformément colonisée, et que chercher un coin de nature à l'intérieur de la Municipalité Autonome à ce côté décourageant qui pousse inlassablement les citadins vers le parc public. Enfin parce que, lorsque comme moi bien naïf on décide de partir comme tous les autres durant la semaine nationale de congés, on fait face à une prodigieuse marée humaine que les imaginations européennes n'ont pas moyen de concevoir.
Le côté amusant - à condition de ne pas renouveler l'expérience - c'est de n'avoir d'autre choix que d'acheter un ticket debout pour un trajet de nuit, vous contraignant à négocier sur le quai un petit tabouret de fortune que l'on placera, à condition d'arriver le premier dans la voiture, entre les deux rangées de sièges durs, en priant pour trouver le sommeil le nez sur ses genoux. Ce qui relève de la gageure bien entendu, le quotidien du train étant rythmé de bagarres et d'éclats de voix entre deux passages du chariot qui vend, imperturbable, des saucisses chaudes dégoulinantes à deux heures du matin. Son chiffre d'affaires sera nul, évidemment - mais le système aura fourni un emploi.
Le côté moins enthousiasmant de cette vague de touristes nationaux, on le découvre tout en haut du mont Tai Shan, pèlerinage incontournable au sommet de l'une des montagnes les plus sacrées du taoïsme, enfer terrestre qui inspire la rédemption au moins croyant, à coups de milliers de marche taillées en vrac dans la roche. On y grimpe en permanence, de jour comme de nuit dans l'obscurité la plus complète, et il est bien illusoire de prétendre accéder à un quelconque isolement au sommet, même aux plus faibles heures du jour. Après avoir perdu mes poumons à grimper quatre à quatre, à cinq heures du matin, les derniers huit cent mètres de volées qui me séparaient des nuages, je tombe, hébété, sur un troupeau inimaginable de huit à neuf cents (peut-être plus ?) Chinois de tous âges, vieillards et mères de famille, tassés sur une crête à attendre un lever de soleil que le ciel leur cachera ce jour-là. Comment sont-ils tous montés là-haut avant moi ?
Dépité, je constate que lorsque les citadins voyagent, mieux vaut en fin de compte regagner les villes. Celles-ci semblent avoir bien recouvré, n'en déplaise aux historiens, des blessures du passé, Nankin du sac japonais, Tianjin de l'humiliation des flottes franco-anglaises, et si la vieille ville, systématiquement, opère en phase clinique, certains coins de ruelle n'en fleurent pas moins bon la chaleur et la paix. Les ouïgours sont les vrais gitans de l'Asie, guitare manouche, clope au bec, blouson de cuir et cicatrices à la gorge. Quant aux centristes du Jiangsu, entre Shanghai et Beijing, ils cultivent leur indépendance à coups de riz frits et de soupes au bulot, dans un jargon à base de [k] pour le moins surprenant.

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Silence

Lui, en revanche, il faudra retourner la Chine en entier pour en trouver la trace. Sans faire mention des discothèques et de leur basses absolument non-conformes aux règles de sécurité les plus élémentaires, ni même des essieux jamais huilés des autocars et des vélos qui arrachent sans demi-mesure le tympan des piétons, la vie de quartier à Pékin est excessivement bruyante mais revêt un charme tout particulier, légèrement éculé : c'est le terrain de chasse des crieurs de la ville.

Tel un écho aux cris du vieux Paris disparu, royaume des oiseleurs, carreleurs, bateleurs, éboueurs, as-tu-vu-l'heure, lampistes et confisiers, la ville chinoise du 21e siècle rentre dans la modernité aux appels incessants des plus attardés, ou des plus démunis. Une économie extraordinairement dense du recyclage s'est développée en souterrain et des métiers jamais envisagés ont vu le jour : en sus des vendeurs de fruits, ils sont collecteurs de verre, collecteurs de bouteilles en plastique, collecteurs d'épluchures de melon, de carreaux brisés, de bois ou de miches de pain. Tous les matins ils arpentent les hutongs sur leur vélo à carriole et crient, crient inlassablement, le nom du composant qu'ils recyclent et  qu'ils revendront au kilo à la décharge du district pour une poignée de riz. Les appels s'envolent pour prévenir loin à l'avance et laisser le temps aux riverains de descendre ; ils sont aigus, monotones, tragiques, ils brisent le coeur autant que l'oreille car ce sont avant tout les cris de gens qui cravachent. Ces quelques-la s'occupent de faire du bruit pour la masse de tous les autres dont on a étouffé la voix.

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Taxi

Voila au contraire un métier dont on n'a pas fini d'entendre parler ! Ils sillonnent les rues de la capitale en permanence, profitant des largesses nocturnes du système de transports en commun - plus de bus après onze heures - et de la bourse généralement enflée des expatriés en cravate. [Je fais évidemment allusion ici à leurs portefeuilles, encore que l'attitude des sus-cités devant la séduisante autochtone, s'apparentant globalement à celle du chasseur, pourrait laisser présager d'autres significations.]


Et pour bien s'assurer que les chauffeurs disposent d'un niveau de vie apte à la consommation, le gouvernement a decidé de supprimer les compteurs à 1,20 kuai pour généraliser ceux à... 2 kuai ! Ainsi les anciens taxis de luxe (1,60) ont-ils disparu dans la foulée, assurant à tous un revenu au kilomètre quasiment équivalent à deux fois l'ancien, une inflation brutale de 66% en moins d'un mois.


La magie du gain ne venant jamais sans réduction notable des comportements à tendance conviviale, j'observe que depuis le printemps les conducteurs ne m'adressent plus la parole, alors qu'ils étaient au départ mes plus dévoués interlocuteurs sinisants. Le plus gentil d'entre eux m'avait ainsi mimé à grands cris une cérémonie au tambour sans jamais lâcher le volant plus de dix secondes consécutives, avant de prétendre m'arranger un coup avec sa fille de vingt ans, présentée comme jolie et dégourdie. Quel bonheur ! Maintenant c'est fenêtre ouverte, poste de radio à fond et en route pour la joie.

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Usines

Je n'en suis pas particulièrement expert, d'autant qu'elles ne sont pas légion à l'intérieur même de Pékin. Un détail amusant toutefois : lorsqu'on arrive du Sud en train, sur la voie Hongkong-Beijing, on traverse en un éclair la triste et industrieuse ville de Baoding, chef-lieu de district dans l'insignifiante province du Hebei - 68 millions d'habitants tout de même. A la sortie de ce gros ensemble de barres HLM en briques ocres mal rénovées, où l'on n'imagine pas d'autre divertissement quotidien que la télévision, une usine parmi tant d'autres, entourée d'un mur le long duquel s'étend, en larges caractères bleu ciel peints maladroitement, une fleur de propagande ouvrière.

Il faut aimer l'usine sinon on ne gagne pas d'argent

Un beau slogan auquel on a du mal à croire. Mais dans ce décor de poussière, presque trop miteux pour être vrai, on prend soudainement conscience de quarante années d'histoire prolétarienne à la chinoise, entre propagande et solidarité. Que ce pays est gris par moments...

 

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Qufu, ville natale de Confucius


tchin-tchine on the road again

Par Aurélie Croiziers

Qufu se situe dans le Shandong, à  l'intérieur des terres.
C'est une ville de petite taille: tous les déplacements se font à pied et aucun gratte-ciel ne vient cacher le soleil printannier!


Qufu est reputée dans toute la Chine pour etre la ville natale de Confucius. Le fondateur d'une des plus grandes philosophies chinoises est né ici au VIeme siecle avant notre ere. Il n a pas été connu de son vivant mais ses pensées influencent le monde chinois aujourd hui encore. Ses descendants ont connu des heures de gloire et Qufu abrite les traces de cette reconnaissance.

Deux monuments classés au Patrimoine Mondial de l'Unesco occupent un tiers de la ville: le temple dédié au penseur et la maison des héritiers, tous deux construits au XVIeme siecle. Un charme décrépi les caractérise. Ils n'ont pas été renovés et ne ressemblent pas à des parcs d'attraction trop tourisitiques comme on le voit parfois en Chine.



Le dédale de dizaines de bâtisses de la maison familiale est remarquable: on se perd dans un labyrinthe de pierres, boiseries et dragoneries.

Enfin, le cimetière de la ville est en tout point une merveille: il abrite les tombes du penseur et de ses descendants au coeur de 250 hectares de foret. S'y balader permet de ressentir calme et plénitude: arbres, fleurs et oiseaux y coexistent avec harmonie...

aucun commentaire - aucun rétrolien

ABCDaire de Chine : Oolong

Avec le thé vert du Fujian, le Oolong, bien connu d’ailleurs des amateurs de thé jusqu’en Europe, est réputé être le plus fin de Chine. Il parait que le procédé de semi-fermentation que l’on applique à ses feuilles lui donne un goût incomparable, que relèvent encore un peu plus les majestueuses cérémonies du thé dans les traditionnelles maisons du même nom.

Eh bien je vous emmerde ! On a dit que la Chine était le pays du thé et je déclare haut et fort que c’est un mensonge éhonté. Apres bientôt cinq mois au pays, je cherche toujours l'équivalent local de ces rustiques et chaleureux petits bouibouis vietnamiens où une grand mère sans dents vous sert un verre d'une espèce de boisson vaguement végétale aux vertus hautement dynamisantes - une tasse de thé à 2 centimes d'euros vous fait battre le coeur et avoir des nausées pour une durée d’environ trois heures, drogue licite et foudroyante que l’on redemande aussitôt. Ici, pas question d’en trouver dans la rue : tout juste vous apporte-t-on une théière en métal cabossée dans les restaurants bas de gamme, emplie d’un liquide au goût le plus souvent terreux voire douteux, et encore faut-il parfois la réclamer explicitement ! Le délicat thé à la fleur d’oranger de la petite Mongole qui sert des alvéoles de nouilles (c’est rigolo, on dirait une ruche) pas très loin de chez moi, constitue une exception appréciable à la triste règle qui veut que dans les trains, dans les amphis de fac, chacun remplisse son pot de verre d'une bien plate eau bouillie, agrémentée de deux lambeaux de plante kakie et amère. J’en viens presque à regretter les sachets Eléphant caramel ou fraise…

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2 3 4 5 | Page suivante