tchin-tchine au fil des jours : jeux chinois, articles, conseils de lecture...

voyage au coeur des mythes chinois

#17 : La légende de Shun
Par Martine Rochot

ehuang et nuyingYao a donné ses deux filles, Ehuang et Nüying, en mariage à Shun qui vit harmonieusement avec elles.

Mais le père et le frère de Shun sont jaloux et veulent le tuer.

Un jour, son père dit à Shun que sa grange est fissurée et qu'il faut la réparer.

Quand Shun annonce à ses femmes son départ chez son père, elles le mettent en garde et lui offrent un vêtement qui peut le travestir en oiseau.

Shun monte sur la terrasse où se trouvent les céréales. Son père enlève aussitôt l'échelle et met le feu avec le frère.

Grâce au vêtement de ses femmes, Shun se transforme en oiseau et s'échappe.

Le père et le frère essaient à nouveau de s'en prendre à Shun: ils ont un puits qu'il faut nettoyer.

Les femmes de Shun le mettent à nouveau en garde et lui donnent un habit de dragon.

Quand il est dans le puits, le père et le frère lui jettent de la boue et des pierres mais grâce au vêtement, Shun se transforme en dragon et s'enfuit dans la rivière.

 

Le père et le frère font un troisième essai: ils l'invitent à boire et à manger mais comme ses femmes lui ont donné un antidote, Shun peut boire sans être ivre contrairement à ses parents.

Shun leur pardonne ces tentatives de meurtres et Yao lui donne un qin à cinq cordes pour le récompenser de sa magnanimité.

Shun aime la musique et compose des poèmes:

«le vent frais du sud chasse les chagrins du peuple,

le vent du sud souffle quand on a besoin de lui,

il augmente les richesses du peuple»

 

Shun pense toujours au bien du peuple!

 

Shun devient vieux mais il fait toujours des tournées d'inspection avec le successeur qu'il a choisi: Da Yu. Alors qu'il est dans le Hunan où il fait très chaud, il meurt en chemin.

Le peuple est triste et les épouses de Shun pleurent beaucoup; leurs larmes tombent sur des bambous où elles laissent des marques.

On nomme ces bambous Banzhu (Ban: tache) ou Xiangfeizhu (Xiang: Hunan, Fei: concubines).

 

Pour retrouver la dépouille de Shun, ses deux femmes doivent traverser la rivière Xiang; il y a un orage, le bateau chavire et elles se noient. Elles deviennent les divinités du fleuve (Xiangshui nushen).

Le peuple enterre Shun et ses épouses dans la montagne. Chaque année, un petit éléphant vient à l'automne et au printemps labourer devant la tombe avec sa trompe.  C'est le frère de Shun qui, en faisant ses prières, se transforme en éléphanteau.

 

 

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 #16 : Yao transmet son pouvoir à Shun
Par Martine Rochot

Yao est le successeur de Diku. C'est un bon dirigeant; il aime son peuple et est aimé de lui.

Il a du affronter la sécheresse et de graves calamités avec les dix soleils et  ensuite les inondations.

Maintenant, Yao est vieux, fatigué et malade. Après soixante dix ans de pouvoir, il convoque les chefs pour se trouver un successeur, mais aucun n'a assez de vertu pour mériter le pouvoir; il décide donc de le choisir parmi le peuple.

 

Or, au fin fond du pays, dans un village pauvre, il y a un homme de bien: Shun.

Malgré son père aveugle et stupide, sa belle-mère fourbe et son demi-frère orgueilleux, Shun essaie de montrer l'exemple et de transmettre une bonne éducation à sa famille.

Yao pense que s'il sait diriger sa famille, Shun saura administrer son pays et qu'il sera un souverain plein d'humanité.

 

Yao choisit donc Shun pour l'aider à gouverner et il le met à l'épreuve.

Il l'envoie pendant trois ans au milieu des intempéries dans une grande forêt pleine de bêtes féroces.  S'il  en surmonte les dangers, il sera capable de surmonter les épreuves du pouvoir.

 

empereur shunShun se tire bien de cette épreuve et devient roi.

Il s'appuie cinq vertus (wu de)  pour gouverner le pays :

--la justice d'un père

--la générosité d'une mère

--l'amour fraternel d'un grand frère

--le respect des aînés d'un petit frère

--la piété filiale des enfants.

C'est avec ces principes que tout va bien en Chine car chacun est à sa place!

 

Mais Yao a un fils, Dan, qui est jaloux et fait alliance avec les Miaos contre Shun.

Yao soutient Shun et dirige personnellement ses troupes contre son fils qui recule jusqu'à la mer; il s'y jette et meurt.

Son âme se change en oiseau «Zhu Niao»; il a des mains humaines et une tête de chouette; il fait:«Zhu! Zhu!» d'où son nom.

On dit qu'il faut le chasser car sa présence pousse le mandarin à faire des erreurs.

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 #15 : Mifei et l'esprit de la rivière Luo
Par Martine Rochot

Yi n'a plus de femme mais tombe amoureux de Mifei.

Mi feiMifei est la fille de Fuxi; un jour elle est tombée dans la rivière Luo et est devenue l'esprit de la rivière. Elle est très gracieuse et danse comme un petit oiseau; elle est souple comme un dragon qui vole dans le ciel.
Elle est belle comme le chrysanthème d'automne et le sapin et le cyprès de printemps.
De loin elle resplendit comme la lumière du crépuscule, de près comme un lotus qui sort de l'eau.

Un jour, Yi en chassant une gazelle arrive près de la rivière Luo, il voit Mifei, en tombe amoureux et vient souvent la retrouver.
Mais Hebo l'apprend.  C'est l'esprit du Fleuve jaune; il est mauvais.
Il a été marié à Mifei et ils se sont séparés.
Depuis, il exige que chaque année les paysans lui sacrifient une jeune fille.
Hebo est jaloux de Yi mais il craint ses flèches.
Il se transforme en en dragon blanc et surveille les deux amoureux.
Yi voit le dragon et atteint son œil d'une flèche.
Hebo est très en colère et va voir l'Empereur du ciel pour qu'il l'aide à se venger.
Mais celui-ci n'aime pas qu'il demande une jeune fille chaque année aux paysans et refuse de l'aider.
Depuis ce jour, Hebo se cache le jour dans la rivière et sort la nuit pour inonder la terre.


A la fin de la dynastie des Hans de l'ouest, Caozhi a écrit un beau et long poème sur ce thème: Luoshen fu.

Luoshen fu est, avec Guifei zuijiu (la femme Guifei est ivre) un des deux opéras fétiches de l'acteur Mei Lanfang, grand maître de l'Opéra de Pékin de la première moitié du XXème siècle et spécialiste des rôles de femmes.

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#14 : Xi Wang Mu et Chang é
Par Martine Rochot


Yi a tué 9 soleils puis 6 animaux féroces qui mangeaient des hommes (dont 1 grand serpent dans le lac Dongtinghù dans le Hunan) et un oiseau à 9 têtes.

La population l'aime et le remercie, l'Empereur Yao aussi.

xiwangmuMais Yi craint la colère de l'Empereur de ciel: il a tué les soleils qui sont ses fils.
Pour le punir, celui-ci chasse Yi et sa femme qui n'ont plus le droit d'habiter le palais céleste (Tiangong) et doivent rester sur terre.

Ils deviennent des hommes et ne sont plus immortels.

Yi se sent coupable envers sa femme.

Il décide d'aller à Kunlun Shan demander des élixirs de vie éternelle à Xi Wan Mu, la reine-mère du Paradis de l'Ouest.

Autrefois Xi Wang Mu habitait dans une grotte de la montagne de jade.
Elle avait 3 oiseaux (QingNiao) à tête rouge et yeux noirs qui lui cherchaient à manger à tour de rôle.
Elle n'était pas belle: elle avait des dents de tigre, une queue de léopard, des cheveux très longs retenus par des épingles de jade.

Maintenant Xi Wang Mu est devenue une belle et grande dame et elle habite Kunlun Shan qui est difficile d'accès:
il faut traverser un ruisseau où rien ne peut flotter et une montagne en flamme (qui serait proche de l’actuel Tulufan, lieu le plus chaud de Chine).

Yi a beaucoup de force et réussit à les traverser; il monte à l’assaut de pics de 13 313 pieds.
Enfin, il rencontre Xi Wang Mu.
Elle a beaucoup de sympathie pour Yi qui a surmonté ces épreuves, elle tombe amoureuse de lui et lui propose la pilule de l’immortalité
chang eChaque matin elle commande aux châtiments, aux tortures et aux maladies contagieuses.
Mais elle fabrique aussi des élixirs d'immortalité.
Leur fabrication est difficile: elle a besoin des fruits d'un arbre qui disparait tous les 30 000 ans et met 30 000 ans pour repousser à nouveau.
Xi Wang Mu n'a plus qu'une seule pilule d'immortalité.
Si deux personnes la partagent, ils vivent éternellement mais si une seule personne la prend, elle peut voler, quitter la terre et accéder au paradis des immortels.

Yi est heureux car il veut partager la pilule avec sa femme; mais pour Chang é, la tentation est trop forte; elle dérobe l'élixir et s'envole; en route elle pense que comme elle a trahi son mari, le palais céleste va la rejeter; elle va donc chez le dieu de la lune.
Dans le palais de la lune il n'y a personne, il fait froid .  Depuis ce jour, elle y habite seule avec un lapin pour la défendre et un laurier.


Prochain épisode : Mifei, l'esprit de la rivière Luo

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Voyage linguistique à Pékin, du 3 au 19 avril 2009.

tchin-tchine vous propose de partager une nouvelle aventure!

En partenariat avec l'agence ASIA - pour l'organisation - et avec l'école Easyou - pour les cours de chinois -, tchin-tchine emmène les étudiants de ses classes de chinois à Pékin pour deux semaines de découverte!

Au programme de ce voyage, qui aura lieu du 3 au 19 avril 2009 et sera encadré par Fanny Valembois, directrice de tchin-tchine :

- cinq matinées de cours de chinois, en petits groupes, dans une école spécialisée... l'assurance de faire de vrais progrès!

- Des balades dans Pékin, la découverte des sites historiques et des vieux quartiers, une excursion à la Grande Muraille, au Palais d'été... et bien sûr le plaisir de la gastronomie chinoise!

- cinq jours de voyage dans la Chine du loess, jusqu'à Pingyao, charmante cité médiévale, et Xi'an et ses célèbres soldats enterrés. Les trajets en train de nuit permettront de goûter l'ambiance de la Chine "quotidienne"!

 

En pratique :

Tarif du voyage : 1850€

Billets d'avion, hôtels et petits-déjeuners, cours de chinois, trajets en bus ou en train sont compris dans le prix du voyage.

Les repas ne sont pas compris. Vous pourrez choisir de vous laisser guider par Fanny à la découverte des petits restos de Pékin, ou de partir vous-même à l'aventure... en fonction des envies du jour!

Certaines balades se feront en groupe (Grande Muraille, Palais d'été, Armée des soldats enterrés); les visites du centre de Pékin et de Xi'an se feront librement, au rythme de chacun. 

Afin de voyager dans de bonnes conditions, le nombre de participants est limité à 20 personnes. Les étudiants des cours de chinois de tchin-tchine (et leurs conjoints / accompagnateurs) sont prioritaires pour s'inscrire jusqu'au 1er octobre.

NB Les conjoints qui le souhaitent peuvent prendre des cours de chinois de niveau débutant. Sinon, le prix des cours sera déduit du montant total du voyage.

Téléchargez ici le programme détaillé du voyage, jour après jour.

 

Comment s'inscrire? :

Prenez tout d'abord contact avec l'équipe de tchin-tchine (f.valembois@tchin-tchine.com ou 06 09 89 09 71) ou venez nous rencontrer lors de nos permanences... nous vous donnerons toutes les modalités pratiques!

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#13 : Yi et les neufs soleils
Par Martine Rochot

 

 

Un seul des dix soleils travaille; n'entendant pas les conseils de sa mère, il souhaite que ses frères le rejoignent dans le ciel et quittent la mer.

yi et les neufs soleilsMais alors, comme ils se lèvent en même temps, la lumière devient trop forte; c'est une catastrophe pour les paysans: les cultures meurent de sècheresse, les pierres deviennent chaudes, l'or et l'argent fondent, les animaux féroces sortent des forêts; les eaux sont trop chaudes et les poissons sortent et mangent les populations; le monde est sens dessus dessous.

L'empereur Yao, successeur de Diku, est sage. Chaque jour il prie et demande l'aide du ciel qui l'entend et lui envoie Yi, homme jeune et courageux qui descend sur terre avec sa femme, la belle Chang é.

Yi a un visage de jade, des yeux comme les étoiles, le dos du tigre et les bras de l'orang outang; dans  la main il tient un arc rouge et des flèches blanches.

Il va chez Yao et avec son aide tire des flèches sur les 9 soleils qui éclatent en morceaux en faisant un grand bruit.

Les soleils deviennent 9 corbeaux d'or à 3 pattes. Ce sont les âmes des soleils.

Des morceaux très chauds de soleil tombent dans la mer de l'est; ils forment de la vapeur qui monte dans le ciel froid, créant  la pluie et l'humidité indispensables aux cultures.

Il  reste encore un soleil. Yao demande à Yi de ne pas le tuer, afin qu'il y ait de la lumière et de la vie. Yi accepte et voilà pourquoi il n’y a qu’un seul soleil!

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#12 : Kuafu court après le soleil....
Par Martine Rochot



...mais ne réussit pas.

Kuafu est un géant qui habite les montagnes.

Il aime les serpents: il en a deux jaunes en boucles d'oreilles, et deux dans les mains.

Il est grand et simple d'esprit.

Il remarque que le soleil se lève et se couche mais il voudrait que la lumière soit permanente et que le soleil ne se couche pas.
Il note aussi des tâches noires sur le visage du soleil et veut qu'il se lave pour les effacer.
Il voudrait aussi que la chaleur soit toujours la même et abolir les saisons.

www.tchin-tchine.comAlors il prend son bâton et décide de suivre le soleil.
Le soleil avance doucement, tourne la tête et voit le géant; il appelle sa mère; elle donne un coup de fouet et les 8 dragons avancent plus vite; Kuafu doit courir.

Petit à petit, il se rapproche et rentre dans les rayons du soleil; il est entouré par la chaleur et la lumière.

Heureux, il embrasse le soleil. Mais il a trop chaud, très soif, il a perdu toutes ses forces.

Il court au bord du fleuve Jaune (Huang hé) et l'aspire d'un seul coup. Le fleuve est à sec.

Il a encore soif et boit aussi le fleuve Weihé (près de Xian).

Il a toujours soif et va vers l'ouest boire le lac Daze (serait-ce le lac Qinghai? car il est au nord-ouest de Yanmenguan dit le Shanhaijing).

Quand il arrive au lac il est si fatigué qu'il tombe et perd connaissance; la lumière éclaire son visage mais il ne peut ouvrir les yeux; il est mort.

Son bâton devient une étendue de pêchers très robustes qui donnent beaucoup de fruits.

C'est le cadeau laissé par Kuafu aux voyageurs: de l'ombre pour se reposer et des fruits pour calmer la faim et la soif.

Kuafu reste dans l'esprit chinois comme le type même de l'idéaliste (lixiang zhuyi zhe).
 
Prochain épisode : l'histoire de Yi et des neuf soleils 

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#11 : Les femmes de l'empereur Diku
Par Martine Rochot

 

empereur dikuZhuanxu est mort; il est enterré avec ses 9 femmes  dans la grande montagne du Nord (Dahuangshan). Selon les régions on dit  il s'est réincarné en poisson ou en serpent.

Son cousin lui succède. C'est Diku, le troisième Empereur, un arrière petit-fils de Huandi. Il est exceptionnel: sa mère accouche sans même se réveiller. Dès sa naissance il sait dire son nom, à 15 ans il seconde Zhuanxu. Il dirigera son peuple avec mesure et vertu durant les 70 ans de son règne.

Il a plusieurs femmes:

La première est Jiangyuan. En marchant sur l'empreinte du pas d'un géant, elle tombe enceinte et a un fils Houji, ancêtre (dans 16 générations) de la dynastie Zhou, fondée par  Wenwang.

La seconde est Jiandi. Un jour, elle rencontre une hirondelle (yanzi), gobe son œuf. C'est ainsi qu'est conçu son fils Xie; il sera l'ancêtre (dans 14 générations) de la dynastie Shang fondée par Cheng Tang (Tang le Victorieux).

La troisième, Qingdu, aperçoit un dragon alors qu'elle contemple le fleuve Jaune; émue, elle tombe enceinte et 14 mois plus tard accouche d'un fils; son nom est Yao, il sera le quatrième Empereur.

La quatrième s'appelle Changyi; elle a un fils Zhi, lui aussi un héros.

La cinquième femme est  Xihe, la déesse du soleil; elle a 10 fils qui sont aussi 10 soleils.
Elle habite avec eux dans la mer de l'Est. Les soleils se baignent à l'est dans la Vallée Bouillonnante qui est une mer très chaude ; au milieu de cette mer poussent deux muriers aux racines entrelacées : Ils se nomment Fusang (c'est le nom poétique du Japon).

Quand 9 soleils restent sur les basses branches, le 10ème peut accéder au faîte du murier et  partir seul sur le char (Taiyang che) conduit par sa mère et tiré par 8 dragons. Chaque jour il accomplit un périple immuable, s'arrêtant 12 fois pour se reposer.
Le soir, la mère rentre seule sur les nuages avec le vent et les étoiles

 

 Prochain épisode : Kuafu court après le soleil...

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#10 : Gonggong, fâché, cogne le mont Buzhou
Par Martine Rochot

Gonggong est le descendant de Huandi.
Il est monstrueux, c'est un serpent à tête humaine. Ses cheveux sont rouges.
Il bat le rappel de ses amis pour combattre Zhuanxu et ils font le serment sous le soleil de le renverser.

Zhuanxu a entendu parler de cette révolte mais il ne craint rien car il est soutenu par de petits royaumes avec à leur tête des rois féroces.
Il y a Taifeng qui a une queue de tigre et une tête d'homme avec des rayons de lumière qui sortent de ses yeux ; il y a Jimeng qui se sert de l'orage pour se déplacer et Jiaochong qui a deux têtes.
Ils sont forts et tuent beaucoup de partisans de Gonggong. 
Zhuanxu gagne du terrain et Gonggong doit reculer jusqu'au mont Buzhou. Il est perdu car il n'a plus avec lui que 13 partisans à cheval.
C'est alors que dans sa fureur, il frappe le mont Buzhou avec sa tête.  C'est une montagne importante car c'est un des piliers du ciel. Après le coup porté par Gonggong le sommet du mont s'effondre et le ciel s'incline du nord-ouest au sud-est.

C'est le déluge, le grand chaos.
La Chine change et devient telle qu'on la connaît aujourd'hui: les montagnes sont à l'ouest et les rivières coulent d'ouest en est ; comme avant Zhuanxu, les planètes recommencent à tourner et il y a à nouveau de la lumière dans le sud. 
Cette histoire du déluge, commune à bien des civilisations,  est une des plus célèbres des mythes fondateurs.  Il y en a de nombreuses versions dont celle annexe que nous avons relatée de Nügua qui rapièce le ciel.

Gongong est l'archétype du héros que se sacrifie pour le bien de l'humanité.
Mais Gonggong est-il mort dans cet acte héroïque ?

Le Shan Hai Jing ne le dit pas mais Mao Zedong a pris parti dans un de ses poèmes du printemps 1931 :
Contre la première campagne d'encerclement et d'anéantissement,

il écrit:
Ouvriers et paysans se lèvent par dizaines de millions,
Armés de la même volonté :
Au pied du mont Buzhou, les drapeaux rouges se déchaînent.

A la fin du poème, Mao a ajouté cette note: Gonggong est actuellement un héros victorieux, soutenu par son indignation il a cogné le mont Buzhou. Mais Gongong est-il mort? Je ne le pense pas. Apparemment non. Gonggong a été le vainqueur final.

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#9 : Zhuanxu, successeur de Huangdi
Par Martine Rochot

zhuanxuZhuanxu qui est l'arrière petit fils de Huangdi, est le second des cinq empereurs originels.

Pour honorer la mémoire de Huangdi, Zhuanxu ordonne à huit dragons de chanter en imitant le vent et à huit crocodiles de battre leur queue pour imiter le son du tambour.

C'est depuis ce temps que les tambours faits en peau de crocodiles sont les plus précieux !

Selon le Shan Hai Jing, Zhuanxu est laid, autoritaire et cruel.

Ses actions vont semer le désordre dans le monde :

Il ordonne que les étoiles, la lune et le soleil ne bougent plus dans le ciel et n'éclairent plus que le nord de la Chine, le sud tombant ainsi dans l'obscurité et la misère.

Il coupe aussi les relations entre le ciel et la terre : auparavant, il suffisant d'escalader les montagnes et de grimper aux échelles pour que les deux mondes soient en contact. Maintenant les dieux doivent utiliser la brume et les nuages pour aller sur terre et les humains faire des prières pour être entendus des dieux.

Depuis ce temps, les dieux ne s'occupent plus de la vie misérable des peuples.

Zhuanxu a 9 épouses et de nombreux enfants.

Pour gouverner il s'appuie sur ses fils.

Certains sont des diables (gui erzi):
Il y a le diable de la malaria qui habite dans le Yangze et transmet la maladie aux populations de la région, il y a aussi celui qui attire les gens dans l'eau ; c'est le diable de la rivière et celui qui fait peur aux jeunes garçons dans les maisons.

zhuanxuCertain de ses fils sont des shen erzi, des animaux sauvages et des esprits qui troublent la vie des peuples.

Maintenant à cause de Zhuanxu, la Chine est en profond désordre et Gonggong, le dieu de l'eau va mener l'insurrection.

Prochain épisode : Gonggong, fâché, cogne le mont Buzhou.

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Voyage au coeur des mythes chinois

#8 : Huangdi domine la Chine
Par Martine Rochot

huangdiHuangdi domine le monde : il a tué Chiyou, coupé la tête de Xingtian et soumis les population. Yandi est cantoné au sud du Yangze.

Il a unifié 81 petits pays avec leurs rois. 
Huangdi est l'Empereur du milieu, il est le symbole de la terre (tu).

Il a nommé Yandi Empereur du Sud qui règne sur l'été, le feu et le rouge. Il est symbolisé par le phénix.
Il a nommé Fuxi à l'Est. Fuxi s'occupe de la chasse et de la pèche, des plantes et médicaments. Il règne sur le printemps, le bois, la couleur bleue. Le dragon est son emblème.
L'Empereur de l'Ouest est Shaohao, symbolisé par l'automne, l'or, le blanc et le tigre blanc.
Zhuanxu a été nommé Empereur du Nord, symbolisé par l'hiver, l'eau, le noir et un animal mi-serpent, mi-tortue.

Huangdi est le maître du monde et pour la grande célébration où l'on doit l'honorer et faire allégeance il a inventé 10 partitions de musique.

Huangdi veut aussi contrôler les diables (gui) qui vont et viennent aux frontières.
Comme il y a de bons et de mauvais diables,  il a nommé les deux frères Shenshu et Yulü pour les contrôler.  Ils vivent dans une île de Dong Hai (la mer de l'est) sur laquelle il y a un très grand pêcher dont les feuilles couvrent 30 000 li.
Au nord du pêcher, c'est la frontière avec le monde des diables, les enfers.

Shenshu et Yulü habitent sur le pêcher. Leur travail consiste à attraper les mauvais diables, les ficeler avec des cordes de roseaux et à les jeter aux tigres.

Ce sont les représentations de  Shenshu et Yulü que l'ont voit encore de nos jours placardées sur les portes de Chine. Ils gardent les maisons pour éloigner les mauvais esprits.

shenshu et yuluHuangdi a bien administré la Chine. Comme sa politique était très souple, sans impôts ni obligations, on l'a assimilé (plus tard !) à la théorie de Laozi « wuwei ».  D'où l'expression « Huanglao zhi shu » : l'art d'administrer de Huangdi et Laozi.

Maintenant Huangdi est vieux et fatigué. Il veut se retirer.
En  souvenir et symbole de son pouvoir, il fait fondre un vase à trois pieds (ding)
Le jour où le tripode est réalisé, il réunit sa cour.  Dans le ciel un dragon vole et descend auprès de Huangdi. L'Empereur grimpe sur le dragon en s'accrochant à ses longues moustaches et part dans le ciel.  Certaines femmes et ministres arrivent à monter avec lui mais d'autres n'y arrivent pas et se mettent à pleurer tant et si bien que leurs larmes deviennent un lac qui monte et submerge le tripode créant le lac Dinghu.

Prochain épisode : Zhuanxu, successeur de Huangdi.

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Voyage au coeur des mythes chinois

#7 : Xingtian, le géant sans tête
Par Martine Rochot

Huangdi a gagné la guerre, Chiyou est mort. Mais dans le clan de Yandi il reste un général qui décide de continuer le combat contre Huangdi.

C'est Xingtian. Il a un bouclier dans la main gauche et une hache dans la main droite.

Il sait qu'il est moins fort que Huangdi mais n'hésite pas à l'affronter et en allant à sa rencontre il tue beaucoup de soldats de Huangdi.

Dans le combat avec Huangdi il n'y a pas de vainqueur mais Huangdi est le plus rusé :

Pour détourner l'attention de Xingtian, il appelle 5 généraux à la rescousse ; Xingtian se retourne et Huangdi lui coupe la tête. En tombant elle fait un trou dans la terre et Xingtian cherche sa tête pour reconstituer son corps. Alors Huangdi donne un second coup d'épée qui fend une montagne, la tête roule en son milieu et la montagne se referme.

Xingtian n'a plus de tête mais ne meurt pas et refuse de se soumettre.

Ses deux seins deviennent des yeux et son nombril se transforme en bouche.
Ses yeux sont brillants mais ne peuvent pas voir et sa bouche chante des chants de combat.

Il symbolise le refus de soumission.

Prochain épisode : Huangdi domine la Chine

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#6 : la guerre entre Huangdi et Chiyou
Par Martine Rochot

chiyouChiyou est membre de la tribu de Yandi ; il est aussi son ministre.
C'est un dieu de la guerre particulièrement effrayant : il est très grand, sa tête est en bronze, il a 4 yeux et des cornes ; ses dents sont si dures qu'il se nourrit de cailloux.  Il a un corps humain avec des ailes et des pattes de bœuf.
Surtout il a 81 frères qui sont comme lui grands et terribles.

Mais, avec Yandi, Chiyou a perdu la guerre contre Huangdi qui l'a fait prisonnier. Honte suprême, il doit marcher devant Huangdi au défilé de la victoire qui a lieu à Taïshan.  Huangdi parade sur un char tiré par des éléphants; il est accompagné par 6 dragons précédés d'un oiseau à une patte.
Quelle honte ! Chiyou veut se venger. Grâce à ses amis Feng (vent) et Yu (pluie) qui vont l'aider, il réussit à s'évader pour combattre Huangdi et laver cet affront.

Comme Yandi est très vieux et ne veut plus faire la guerre, Chiyou va donc la faire seul, aidé de ses 81 frères et allié aux Miaos.

Depuis son palais des Kunlun Shan, Huangdi méprise et sous estime Chiyou. Il ne lève qu'une armée 30 000 hommes pour le combattre.
Chiyou use d'un stratagème : ses amis Feng et Yu créent un immense et épais brouillard ;  les hommes de Chiyou se cachent et attaquent pendant 3 jours et 3 nuits. Les gens de Huangdi sont perdus !
C'est sans compter avec l'intelligence de Huangdi qui, grâce à son garde qui lui trouve un aimant,  invente la boussole qui indique le sud. (Zhinanren ou zhinan che).
Huangdi peut s'échapper mais il a perdu la moitié de ses soldats.

Pour donner le coup de grâce à Chiyou, Huangdi invente un tambour de guerre dont le son fabuleux l'empêche de voler et de se sauver. C'est ainsi que Chiyou est tué.

Cet épisode de la guerre entre Huangdi et Chiyou est très connu et sujet à de nombreuses versions suivant les sources.

Prochain épisode : Wutou, le géant sans tête

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#5 : La guerre de Yandi et Huangdi
Par Martine Rochot


Cinq Empereurs  (wu di) vont succéder aux trois Augustes.
Mais ces Empereurs mythiques n'ont rien à voir avec les Empereurs historiques chinois.  Ce titre d'Empereur a plus tard été usurpé par les rois Shang (1700-1100 av JC).
De plus, à partir de l'unification de la Chine par l'Empereur Qin (Qin Sihuangdi), fondateur de la dynastie Han (226 -220 av JC),  les Empereurs de Chine se décrètent  « les Fils du Ciel ». 

Gommant certains aspects des récits mythiques, l'historien  de l'époque Han, Si Maqian, décrira les Empereurs légendaires sous les traits de sages occupés à bien gouverner leurs sujets, les Empereurs historiques s'en attribuant les qualités. Les « empereurs communistes » prétendent eux aussi entrer dans cette lignée des dirigeants éclairés.

Le Shan Hai Jing, lui, montre un monde antique et des Empereurs non pas bien présentables, mais archaïques et fantastiques.


La guerre de Yandi et Huangdi

Huangdi est demi frère de Yandi : ils ont le même père.
Mais l'un, Yandi représente le feu, et l'autre,  Huangdi représente la terre.
Huangdi est « celui qui est jaune » en chinois.
En effet, au soleil, il peut devenir doré; c'est aussi la couleur de la plaine de loess, berceau de la Chine.
Il ne faut donc pas confondre Huangdi avec le titre d'«Empereur » qui se prononce de la même façon mais s'écrit différemment. 

Huangdi a 4 visages pour voir dans les 4 directions, tout savoir et diriger son peuple.
Il peut aussi se transformer en Hundun (Huangdi bian Hundun). Alors son corps a 6 pieds, 4 ailes et pas de tête !
Ces transformations signifient qu'il peut être très intelligent (4 visages) mais aussi sans vie, sans tête et ne s'occuper de rien.
Elles sont le reflet des idées des anciens chinois sur les contradictions du monde et les adaptations nécessaires.

A 15 ans Huangdi est chef de tribu. Il aura 25 garçons dont 14 deviendront chefs de tribu.
Il est très intelligent : il invente la roue et la charrette; on l'appelle donc aussi xuanyuanshi (monsieur voiture).
Il invente aussi la lance et le bouclier ainsi que l'art de la guerre car il lui faut acquérir des territoires et les protéger.  Il dresse des tigres et des léopards pour le combat.

C'est ainsi que l'empereur Yandi et Huangdi se font la guerre à Banquan (dans l'actuel Hebei).
Yandi est soutenu par la tribu des Miaos et au bout de  trois combats acharnés,  Huangdi est vainqueur.
C'est le nouvel Empereur, l'Empereur Jaune, et Yandi se retire désormais au sud du fleuve jaune.


Prochain épisode : la guerre entre Huangdi et Chiyou

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Voyage au coeur des mythes chinois

#4 : Nuwa et l'oiseau Jinwei  
Par Martine Rochot


www.tchin-tchine.comNûwa est la fille de Yandi, dieu du soleil ; elle aime la mer et les coquillages...
Un jour, imprudente, elle se promène sur un récif et est emportée par les vagues.
Après sa mort, elle se transforme en un bel oiseau au bec blanc, avec des pattes rouges et une tête multicolore : c'est l'oiseau Jinwei.

Cet oiseau hait tellement la mer qu'il n'a de cesse de la combler de petits cailloux (xiao shitou) et Jingwei est surnommé l'oiseau de volonté (zhi niao).

Cette belle histoire est très célèbre en Chine.
Elle a une double morale : 
Elle met en garde les jeunes filles contre les dangers de la mer mais elle souligne aussi à l'instar de Jingwei, l'esprit volontaire des Chinois qui n'ont de cesse de travailler.
On raconte aussi que pour Confucius il fallait, comme Jingwei, continuer d'agir même sans espoir de réussite...mais Confucius connaissait-il cette légende ?
Quant à Luxun, il a  écrit dans un article « l'Espoir » qu'il faut, comme Jinwei lutter jusqu'à la mort.

 

Prochain épisode : la guerre de Yandi et Huangdi

 

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