Voyage au coeur des mythes chinois
Par Martine Rochot
Gonggong est le descendant de Huandi.
Il est monstrueux, c'est un serpent à tête humaine. Ses cheveux sont rouges.
Il bat le rappel de ses amis pour combattre Zhuanxu et ils font le serment sous le soleil de le renverser.
Zhuanxu a entendu parler de cette révolte mais il ne craint rien car il est soutenu par de petits royaumes avec à leur tête des rois féroces.
Il y a Taifeng qui a une queue de tigre et une tête d'homme avec des rayons de lumière qui sortent de ses yeux ; il y a Jimeng qui se sert de l'orage pour se déplacer et Jiaochong qui a deux têtes.
Ils sont forts et tuent beaucoup de partisans de Gonggong.
Zhuanxu gagne du terrain et Gonggong doit reculer jusqu'au mont Buzhou. Il est perdu car il n'a plus avec lui que 13 partisans à cheval.
C'est alors que dans sa fureur, il frappe le mont Buzhou avec sa tête. C'est une montagne importante car c'est un des piliers du ciel. Après le coup porté par Gonggong le sommet du mont s'effondre et le ciel s'incline du nord-ouest au sud-est.
C'est le déluge, le grand chaos.
La Chine change et devient telle qu'on la connaît aujourd'hui: les montagnes sont à l'ouest et les rivières coulent d'ouest en est ; comme avant Zhuanxu, les planètes recommencent à tourner et il y a à nouveau de la lumière dans le sud.
Cette histoire du déluge, commune à bien des civilisations, est une des plus célèbres des mythes fondateurs. Il y en a de nombreuses versions dont celle annexe que nous avons relatée de Nügua qui rapièce le ciel.
Gongong est l'archétype du héros que se sacrifie pour le bien de l'humanité.
Mais Gonggong est-il mort dans cet acte héroïque ?
Le Shan Hai Jing ne le dit pas mais Mao Zedong a pris parti dans un de ses poèmes du printemps 1931 :
Contre la première campagne d'encerclement et d'anéantissement,
il écrit:
Ouvriers et paysans se lèvent par dizaines de millions,
Armés de la même volonté :
Au pied du mont Buzhou, les drapeaux rouges se déchaînent.
A la fin du poème, Mao a ajouté cette note: Gonggong est actuellement un héros victorieux, soutenu par son indignation il a cogné le mont Buzhou. Mais Gongong est-il mort? Je ne le pense pas. Apparemment non. Gonggong a été le vainqueur final.
Par tchin-tchine, Vendredi 30 Mai 2008 à 08:38 GMT+2 dans je voyage, il voyage, nous voyageons (article, RSS)



