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CHINE 66, une occidentale dans la révolution culturelle

De France Vergely, Editions Elytis, 120 p.
Chronique d'Emmanuelle Huot-Marchand

Chine 66Pékin, août 1966, une jeune Française, France Vergely, est le témoin étonné des événements tragiques du début de la révolution culturelle. La récente reconnaissance du régime maoïste par le gouvernement de Gaulle donne aux voyageurs français le statut d'amis-visiteurs ; statut éphémère et illusoire. En effet, lorsque le 18 août 66, Mao met en scène un immense rassemblement de gardes rouges sur la place Tian An Men, ces témoins, soudain indésirables, sont priés de ne pas quitter le périmètre de leur hôtel.

« [...] Riant au lieu de pleurer, ne percevant que l'écume des jours de cet été à Pékin, les voyageurs de 1966 traversaient les événements comme Fabrice Del Dongo le champ de bataille de Waterloo. Rien vu. Rien saisi. »
Il en est de même pour les acteurs de cette révolution, pions naïfs d'un joueur fou : « Jeunes filles rieuses du matin du 18 août [...] pleines d'espoir et d'ardeur, vous avanciez avec assurance vers l'idéal qu'on vous inventait. Vous ne saviez pas que vous entriez, pour des années, dans une tragédie. »

Ce témoignage ne nous apprend rien de nouveau mais a le mérite, bien que proposé quarante ans après, d'être direct. Il présente également l'avantage d'être accompagné d'une iconographie de l'auteur composée de photographies personnelles ainsi que d'affiches de propagande révolutionnaire qui font froid dans le dos.

Quarante après donc, un parallèle s'impose. La destruction du patrimoine architectural traditionnel de Pékin pour cause de Jeux Olympiques constituerait une sorte de suite à la tentative de destruction systématique de tout un patrimoine culturel au cours de dix années de Révolution culturelle. Une Chine a disparu mais la Chine est toujours là, fantasmée parfois, cruelle souvent mais passionnante toujours.

E. H-M

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