tchin-tchine au fil des jours : jeux chinois, articles, conseils de lecture...

Xiang Gang

D’autres wagons, avant cela, m’avaient aussi mené vers de charmants trésors. A commencer par ma dernière étape avant Pékin, une autre ville qui en un éclair m’a attaché : Xianggang, le Port Parfumé, la fabuleuse Hongkong.
Je ne sais quoi dire ici, il y en aurait trop sans doute. Contentons-nous d’évoquer les allées et venues, bien suffisantes en soi, à travers la baie, du séculaire et toujours fonctionnel Star Ferry, les tramways à l'impériale qui zigzaguent, de leur vert rouille d’avant-guerre, au travers d'étroites rues envahies de pharmacies traditionnelles qui étalent orgueilleusement tendons de yeti à demi-rongés, geckos volants tristement aplatis, ailerons de requin grands comme si on écartait les bras, soupes d'hippocampes ou perles de vers a soie. N’oublions pas les centaines, les milliers de petites femmes de ménage indonésiennes et philippines qui, oubliées la semaine, sortent de leur trou le dimanche et s’en vont toutes ensemble pique-niquer et ragoter au pied des vieux immeubles coloniaux. Et puis bien sûr ce front de mer incroyable, vu et revu et qu’on ne verra pourtant jamais assez, cette herse, plus compacte qu’un pack anglais, de tours qui montent à l'assaut du pic Victoria dans une formidable course-poursuite de prouesses architecturales et lumineuses. J’y aurai passé deux fois six jours, c’est pourtant déjà comme une seconde ville natale.
Elle ne vaut pourtant que parce qu’à une heure de bateau vers l’ouest il y a aussi son pendant lusitanien, Macau, la désuète, l’abandonnée, encore plus philippine, encore plus portugaise, encore moins crédible en tout cas, dans laquelle il fait bon flâner et s’imaginer les mille autres vies qu’on aurait pu avoir. Aller passer quatre mois dans une piaule minable de l’un de ces gratte-ciels délabrés aux teintes pastels, mauves, vert pâle ou bleu tempête, qui confèrent au petit territoire des allures terriblement tropicales – Manille, Sao Paulo, Dacca telles qu’on les imagine ; ce pourrait être une brillante idée. Une occasion de faire le point, au contact d’une identité qui, entre marins de l’Ancien Monde et modestes commerçants chinois, ne semble pas avoir évolué depuis quatre longs siècles.

 

Par Pablo Tullio

Vos commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Cet article ne peut faire référence à d'autres publications.

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 1 + 3 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens