Taxi
Voila au contraire un métier dont on n'a pas fini d'entendre parler ! Ils sillonnent les rues de la capitale en permanence, profitant des largesses nocturnes du système de transports en commun - plus de bus après onze heures - et de la bourse généralement enflée des expatriés en cravate. [Je fais évidemment allusion ici à leurs portefeuilles, encore que l'attitude des sus-cités devant la séduisante autochtone, s'apparentant globalement à celle du chasseur, pourrait laisser présager d'autres significations.]
Et pour bien s'assurer que les chauffeurs disposent d'un niveau de vie apte à la consommation, le gouvernement a decidé de supprimer les compteurs à 1,20 kuai pour généraliser ceux à... 2 kuai ! Ainsi les anciens taxis de luxe (1,60) ont-ils disparu dans la foulée, assurant à tous un revenu au kilomètre quasiment équivalent à deux fois l'ancien, une inflation brutale de 66% en moins d'un mois.
La magie du gain ne venant jamais sans réduction notable des comportements à tendance conviviale, j'observe que depuis le printemps les conducteurs ne m'adressent plus la parole, alors qu'ils étaient au départ mes plus dévoués interlocuteurs sinisants. Le plus gentil d'entre eux m'avait ainsi mimé à grands cris une cérémonie au tambour sans jamais lâcher le volant plus de dix secondes consécutives, avant de prétendre m'arranger un coup avec sa fille de vingt ans, présentée comme jolie et dégourdie. Quel bonheur ! Maintenant c'est fenêtre ouverte, poste de radio à fond et en route pour la joie.
Par Pablo Tullio
Par tchin-tchine, Vendredi 27 Avr 2007 à 08:00 GMT+2 dans je voyage, il voyage, nous voyageons (article, RSS)



