Les montagnes jaunes un samedi d'avril, ou les plaisirs du tourisme de masse
tchin-tchine on the road again...
Par Aurélie Croiziers
Je quitte Shanghai un vendredi soir en train de nuit pour gagner une de ces fameuses montagnes sacrées qu’est le Huang Shan (montagnes jaunes en chinois).
Je me rends compte sur le quai de la gare que je ne suis pas en couchette mais en assis dur (soit la 4ème et dernière classe des trains chinois), pas classe du tout!
Le jeudi précédent a eu lieu une sorte de Toussaint chinoise, le train est bondé et tout plein de gens voyagent sans place assise pour aller honorer leurs aieux dans leur village natal. Promiscuité, bavardages et rigolades m’empêchent de trouver le sommeil avant une heure très avancée dans la nuit.

Arrivée à Huangshan, une heure et demi de bus m’attendait pour arriver à la porte de la montagne.
Je pensais trouver enfin du calme, et me voici dans un réel parc touristique géant, dont les infrastructures ont tendance à dénaturer le site.
Un télépherique me mène au sommet : Je déteste monter des escaliers, je leur préfère de loin les bons vieux sentiers pyrénéens.
Enfin au sommet, quatre heures aprés mon arrivée à la gare, je dois m’arrêter dans trois hôtels pour trouver un lit dans un dortoir à 20 euros la nuit…
Je me dis que randonner un peu me changera les idées…
Que nenni! Deux heures de rando plus tard je reviens encore plus tendue: des "troupeaux" de touristes bouchent la vue pourtant très très belle, leur voix couvrant le calme et le chant des oiseaux.
Je réalise alors qu’aucune douche ne m’attend dans le dortoir précédemment réservé. Je réussis à négocier un remboursement et redescends la montagne à pied par les escaliers. Une descente tellement longue (plus de trois heures de descente abrupte) que j’en ai encore mal aux mollets deux jours plus tard.
Heureusement je rencontre deux Belges en route qui me soutiennent pour cette descente pentue. On trouve un hôtel bien moins cher et avec baignoire pour la nuit. J’arrive également à retrouver un ami français avec lequel j’avais un rendez-vous très improbable dans ce vaste complexe…
Le lendemain j’évite de remonter dans le parc touristique (le droit d’entrée est en plus de 20 euros) et arrive à trouver un chemin sans touriste… Ce chemin suit une rivière et me mène à des cueilleurs de thé. Première fois que je vois des arbres à thé: ils sont très bas, en forme de boule et d’un très beau vert vif.
Je repars le soir même pour une nuit de train en quittant mes compagnons de route. J’étais vraiment heureuse de ne pas être seule: dans de tels endroits s’arrête ma capacité d’adaptation et de tolérance face aux touristes chinois.
Je passe une bonne nuit en 1ère classe et rejoins Suzhou où je visite un superbe parc rempli de fleurs, de pierres, de cours d’eau… et de touristes, évidemment.
Par tchin-tchine, Mardi 17 Avr 2007 à 09:45 GMT+2 dans je voyage, il voyage, nous voyageons (article, RSS)



