tchin-tchine au fil des jours : jeux chinois, articles, conseils de lecture...

ABCDaire de Chine : Routes d'exil

Je tentai d'aller voir autre chose que Pékin, suivant l'adage selon lequel un pays ne se résume pas à sa capitale. Mais qu'il est difficile d'en sortir ! D'abord parce qu'on y vit en autosuffisance, sociale, culturelle, consommatrice, et que seules les envies de grand air vous poussent à la quitter. Ensuite parce que la ville est immense et uniformément colonisée, et que chercher un coin de nature à l'intérieur de la Municipalité Autonome à ce côté décourageant qui pousse inlassablement les citadins vers le parc public. Enfin parce que, lorsque comme moi bien naïf on décide de partir comme tous les autres durant la semaine nationale de congés, on fait face à une prodigieuse marée humaine que les imaginations européennes n'ont pas moyen de concevoir.
Le côté amusant - à condition de ne pas renouveler l'expérience - c'est de n'avoir d'autre choix que d'acheter un ticket debout pour un trajet de nuit, vous contraignant à négocier sur le quai un petit tabouret de fortune que l'on placera, à condition d'arriver le premier dans la voiture, entre les deux rangées de sièges durs, en priant pour trouver le sommeil le nez sur ses genoux. Ce qui relève de la gageure bien entendu, le quotidien du train étant rythmé de bagarres et d'éclats de voix entre deux passages du chariot qui vend, imperturbable, des saucisses chaudes dégoulinantes à deux heures du matin. Son chiffre d'affaires sera nul, évidemment - mais le système aura fourni un emploi.
Le côté moins enthousiasmant de cette vague de touristes nationaux, on le découvre tout en haut du mont Tai Shan, pèlerinage incontournable au sommet de l'une des montagnes les plus sacrées du taoïsme, enfer terrestre qui inspire la rédemption au moins croyant, à coups de milliers de marche taillées en vrac dans la roche. On y grimpe en permanence, de jour comme de nuit dans l'obscurité la plus complète, et il est bien illusoire de prétendre accéder à un quelconque isolement au sommet, même aux plus faibles heures du jour. Après avoir perdu mes poumons à grimper quatre à quatre, à cinq heures du matin, les derniers huit cent mètres de volées qui me séparaient des nuages, je tombe, hébété, sur un troupeau inimaginable de huit à neuf cents (peut-être plus ?) Chinois de tous âges, vieillards et mères de famille, tassés sur une crête à attendre un lever de soleil que le ciel leur cachera ce jour-là. Comment sont-ils tous montés là-haut avant moi ?
Dépité, je constate que lorsque les citadins voyagent, mieux vaut en fin de compte regagner les villes. Celles-ci semblent avoir bien recouvré, n'en déplaise aux historiens, des blessures du passé, Nankin du sac japonais, Tianjin de l'humiliation des flottes franco-anglaises, et si la vieille ville, systématiquement, opère en phase clinique, certains coins de ruelle n'en fleurent pas moins bon la chaleur et la paix. Les ouïgours sont les vrais gitans de l'Asie, guitare manouche, clope au bec, blouson de cuir et cicatrices à la gorge. Quant aux centristes du Jiangsu, entre Shanghai et Beijing, ils cultivent leur indépendance à coups de riz frits et de soupes au bulot, dans un jargon à base de [k] pour le moins surprenant.

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Silence

Lui, en revanche, il faudra retourner la Chine en entier pour en trouver la trace. Sans faire mention des discothèques et de leur basses absolument non-conformes aux règles de sécurité les plus élémentaires, ni même des essieux jamais huilés des autocars et des vélos qui arrachent sans demi-mesure le tympan des piétons, la vie de quartier à Pékin est excessivement bruyante mais revêt un charme tout particulier, légèrement éculé : c'est le terrain de chasse des crieurs de la ville.

Tel un écho aux cris du vieux Paris disparu, royaume des oiseleurs, carreleurs, bateleurs, éboueurs, as-tu-vu-l'heure, lampistes et confisiers, la ville chinoise du 21e siècle rentre dans la modernité aux appels incessants des plus attardés, ou des plus démunis. Une économie extraordinairement dense du recyclage s'est développée en souterrain et des métiers jamais envisagés ont vu le jour : en sus des vendeurs de fruits, ils sont collecteurs de verre, collecteurs de bouteilles en plastique, collecteurs d'épluchures de melon, de carreaux brisés, de bois ou de miches de pain. Tous les matins ils arpentent les hutongs sur leur vélo à carriole et crient, crient inlassablement, le nom du composant qu'ils recyclent et  qu'ils revendront au kilo à la décharge du district pour une poignée de riz. Les appels s'envolent pour prévenir loin à l'avance et laisser le temps aux riverains de descendre ; ils sont aigus, monotones, tragiques, ils brisent le coeur autant que l'oreille car ce sont avant tout les cris de gens qui cravachent. Ces quelques-la s'occupent de faire du bruit pour la masse de tous les autres dont on a étouffé la voix.

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Taxi

Voila au contraire un métier dont on n'a pas fini d'entendre parler ! Ils sillonnent les rues de la capitale en permanence, profitant des largesses nocturnes du système de transports en commun - plus de bus après onze heures - et de la bourse généralement enflée des expatriés en cravate. [Je fais évidemment allusion ici à leurs portefeuilles, encore que l'attitude des sus-cités devant la séduisante autochtone, s'apparentant globalement à celle du chasseur, pourrait laisser présager d'autres significations.]


Et pour bien s'assurer que les chauffeurs disposent d'un niveau de vie apte à la consommation, le gouvernement a decidé de supprimer les compteurs à 1,20 kuai pour généraliser ceux à... 2 kuai ! Ainsi les anciens taxis de luxe (1,60) ont-ils disparu dans la foulée, assurant à tous un revenu au kilomètre quasiment équivalent à deux fois l'ancien, une inflation brutale de 66% en moins d'un mois.


La magie du gain ne venant jamais sans réduction notable des comportements à tendance conviviale, j'observe que depuis le printemps les conducteurs ne m'adressent plus la parole, alors qu'ils étaient au départ mes plus dévoués interlocuteurs sinisants. Le plus gentil d'entre eux m'avait ainsi mimé à grands cris une cérémonie au tambour sans jamais lâcher le volant plus de dix secondes consécutives, avant de prétendre m'arranger un coup avec sa fille de vingt ans, présentée comme jolie et dégourdie. Quel bonheur ! Maintenant c'est fenêtre ouverte, poste de radio à fond et en route pour la joie.

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Usines

Je n'en suis pas particulièrement expert, d'autant qu'elles ne sont pas légion à l'intérieur même de Pékin. Un détail amusant toutefois : lorsqu'on arrive du Sud en train, sur la voie Hongkong-Beijing, on traverse en un éclair la triste et industrieuse ville de Baoding, chef-lieu de district dans l'insignifiante province du Hebei - 68 millions d'habitants tout de même. A la sortie de ce gros ensemble de barres HLM en briques ocres mal rénovées, où l'on n'imagine pas d'autre divertissement quotidien que la télévision, une usine parmi tant d'autres, entourée d'un mur le long duquel s'étend, en larges caractères bleu ciel peints maladroitement, une fleur de propagande ouvrière.

Il faut aimer l'usine sinon on ne gagne pas d'argent

Un beau slogan auquel on a du mal à croire. Mais dans ce décor de poussière, presque trop miteux pour être vrai, on prend soudainement conscience de quarante années d'histoire prolétarienne à la chinoise, entre propagande et solidarité. Que ce pays est gris par moments...

 

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

La grande famine du President Mao

Un livre de Jasper Becker, Editions Dagorno
Chronique de Fanny Valembois

Jasper Becker, correspondant de presse en Chine pendant de nombreuses années, a été parmis les premiers à se pencher sur la famine qu'a connu la Chine dans les annees 1960, lors de la mise en place du Grand Bond en avant. Son ouvrage "la grande famine du Président Mao" aborde tous les aspects de ces années dramatiques, qui virent la mort de plus de 30 millions de personnes.

Becker replace la famine en Chine dans une large perspective historique, rappelant que si la Chine a connu de nombreuses et terribles famines, celles-ci étaient liées a des catastrophes climatiques, conjuguées à l'etat d'enclavement de la Chine, ainsi qu'à des périodes de troubles ou de guerre civile. Au-dela de son ampleur, la famine des années 1960 est donc exceptionnelle en ce qu'elle se produit en temps de paix, alors que le pays est unifié sous une direction unique et centralisée, et qu'aucun désastre climatique ne se produit.

Comment, dès lors, expliquer cette famine massive, alors meme que les greniers à grain de l'état étaient pleins, et que la Chine multipliait les exportations agricoles? Becker propose comme explication un systeme politique et idéologique qui, soutenant que la politique peut transformer la réalité, refuse de prendre en compte la situation des campagnes.

Avec la mise en place des communes populaires (collectivisation forcée de l'ensemble de la production agricole) et le développement des "petits hauts-fourneaux" destinés à doubler la production d'acier, le Grand Bond en avant a désorganisé l'ensemble de l'économie, entrainant une chute importante des productions agricoles.

A l'autre extremité de l'appareil socialiste, les dirigeants du Parti attendaient que les chiffres correspondent aux objectifs fixés par les plans quinquenaux et contestèrent tous les rapports qui indiquaient une baisse de ces chiffres. A tous les niveaux de l'Etat, les responsables locaux ont donc truqué les chiffres, entrainant une hausse des prélevements en grain destinés à l'exportation, et declenchant une famine sans précédent dans les campagnes.

Becker détaille les étapes de la famine, province par province, et en rappelle le caractere insoutenable, tels les aspects physiologiques de la dénutrition, ou la multiplication des cas de cannibalisme.

La dernière partie renvoie chacun à sa propre responsabilité, en rappelant que non seulement l'Occident a fermé (et ferme encore) les yeux sur cette famine gardée secrète, mais également qu'aujourd'hui, une famine de grande ampleur se déroule en Corée du Nord, dans l'indifférence générale. 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Qufu, ville natale de Confucius


tchin-tchine on the road again

Par Aurélie Croiziers

Qufu se situe dans le Shandong, à  l'intérieur des terres.
C'est une ville de petite taille: tous les déplacements se font à pied et aucun gratte-ciel ne vient cacher le soleil printannier!


Qufu est reputée dans toute la Chine pour etre la ville natale de Confucius. Le fondateur d'une des plus grandes philosophies chinoises est né ici au VIeme siecle avant notre ere. Il n a pas été connu de son vivant mais ses pensées influencent le monde chinois aujourd hui encore. Ses descendants ont connu des heures de gloire et Qufu abrite les traces de cette reconnaissance.

Deux monuments classés au Patrimoine Mondial de l'Unesco occupent un tiers de la ville: le temple dédié au penseur et la maison des héritiers, tous deux construits au XVIeme siecle. Un charme décrépi les caractérise. Ils n'ont pas été renovés et ne ressemblent pas à des parcs d'attraction trop tourisitiques comme on le voit parfois en Chine.



Le dédale de dizaines de bâtisses de la maison familiale est remarquable: on se perd dans un labyrinthe de pierres, boiseries et dragoneries.

Enfin, le cimetière de la ville est en tout point une merveille: il abrite les tombes du penseur et de ses descendants au coeur de 250 hectares de foret. S'y balader permet de ressentir calme et plénitude: arbres, fleurs et oiseaux y coexistent avec harmonie...

aucun commentaire - aucun rétrolien

Caractères chinois - Troisième année

  Les élèves de troisième année peuvent imprimer les caractères de la leçon 3.4 (p 215 du Manuel de Bellassen) en cliquant ici  (page 1) et là (page 2).

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

ABCDaire de Chine : Oolong

Avec le thé vert du Fujian, le Oolong, bien connu d’ailleurs des amateurs de thé jusqu’en Europe, est réputé être le plus fin de Chine. Il parait que le procédé de semi-fermentation que l’on applique à ses feuilles lui donne un goût incomparable, que relèvent encore un peu plus les majestueuses cérémonies du thé dans les traditionnelles maisons du même nom.

Eh bien je vous emmerde ! On a dit que la Chine était le pays du thé et je déclare haut et fort que c’est un mensonge éhonté. Apres bientôt cinq mois au pays, je cherche toujours l'équivalent local de ces rustiques et chaleureux petits bouibouis vietnamiens où une grand mère sans dents vous sert un verre d'une espèce de boisson vaguement végétale aux vertus hautement dynamisantes - une tasse de thé à 2 centimes d'euros vous fait battre le coeur et avoir des nausées pour une durée d’environ trois heures, drogue licite et foudroyante que l’on redemande aussitôt. Ici, pas question d’en trouver dans la rue : tout juste vous apporte-t-on une théière en métal cabossée dans les restaurants bas de gamme, emplie d’un liquide au goût le plus souvent terreux voire douteux, et encore faut-il parfois la réclamer explicitement ! Le délicat thé à la fleur d’oranger de la petite Mongole qui sert des alvéoles de nouilles (c’est rigolo, on dirait une ruche) pas très loin de chez moi, constitue une exception appréciable à la triste règle qui veut que dans les trains, dans les amphis de fac, chacun remplisse son pot de verre d'une bien plate eau bouillie, agrémentée de deux lambeaux de plante kakie et amère. J’en viens presque à regretter les sachets Eléphant caramel ou fraise…

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Pi jiu

Ce que les Chinois connaissent, en revanche, c'est la bière - ça, on peut difficilement leur refuser. La bière et l'alcool en général, quoiqu'en matière de Bai Jiu (alcool blanc) on notera qu'ils ne brillent ni par le goût ni par la capacité d'absorption. Vomir un Er Guo To, ersatz d’alcool de riz à 45 degrés qui n’a pour lui qu’un coût modique – dans les 18 centimes le verre de 10cl – est un pré-requis, un devoir, voire un honneur fait à la boisson et à l’organisme du buveur, rituel auquel je ne coupe décemment pas lorsque l’occasion se présente, politesse oblige. De vastes beuveries accompagnent ainsi les fondues mongoles, sortes de réunions virant du cordial au paillard autour de gros courts-bouillons épicés, que l'on truffe selon les jours de fines tranches de mouton fumé, de champignons humides aux relents de sous-bois ou de nouilles de soja aux apparences trompeuses de langue de chat. Au Hai Di Lao – le Poisson du fond des mers -, institution Pékinoise du huo guo, les serveurs joignent le spectaculaire au parfumé : ils étirent lesdites nouilles devant vos yeux ébahis, en jonglant adroitement avec un filament de pâte molle, s’en servant tour à tour de lasso ou de corde a sauter, quoique la plupart du temps la nouille lâche et vienne claquer, impertinente, dans l'oeil du client le plus proche.

En dehors de ces orgies, la bière continue d'agrémenter naturellement le moindre repas, à toute heure du jour et de la nuit, avec l'étrange particularité - chose qui provoquerait sans doute de l’urticaire à un brasseur de chez nous – de laisser au consommateur le choix entre bouteille fraîche et à température ambiante. Si l’on n’y prend pas garde, par ces soirs de chaleur retrouvée, on se fait parfois surprendre par un breuvage pisseux à quelques vingt degrés, quand pour une fois on aurait souhaité en avoir un peu moins, des degrés. Une absence totale de bon goût : le coeur de la Chine populaire... ?

Par Pablo Tullio

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Quartiers

Non, le coeur de Pékin se cache bien plus assurément dans ses quartiers.
Lorsque la pluie, la fatigue ou des envies soudaines de lecture m’empêchent de me rendre à la fac en vélo - une chouette ballade pourtant, de près de cinquante minutes au travers de nombreux lieux de vie -, le métro me dépose, pour une brève et peu intelligible correspondance, à la Porte du Chemin de l’Ouest : Xizhimen. Etrange correspondance en effet, qui porte mal son nom puisqu'il faut sortir totalement de sous terre, traverser une place coincée le long du second périphérique et qui prend des allures de cour des Miracles entre vendeurs de patates douces et conducteurs de tuk-tuks, puis se réengouffrer sous un bâtiment futuriste tenant du dromadaire tchernobylisé - trois bosses d’une centaine de mètres de hauteur – pour reprendre un train à l’aide d’un second ticket.
Au départ, je lui préférais son pendant oriental : Dong-Zhimen. Le quartier, tout de suite, m'avait séduit. Centre névralgique du transport en commun à destination du nord et de l'est de Pékin, les abords de la gare routière se sont peuplés logiquement de dizaines de petits restaurants populaires, de marchands de crêpes, de beignets verts et de brochettes, ou de chaussures à trois sous, dans le joyeux désordre des cris des rabatteurs, des klaxons tonitruants, des vendeurs de churros. Ca sent la terre, le mazout et la friture, ça sent surtout le départ, l’excitation des retrouvailles ou le plongeon dans l’inconnu. Les rues sont grouillantes en permanence, de managers en costume ou de vieilles paysannes, elles tournent en tout sens et serpentent de WC public en boulangerie, de réparateur de vélo en magasin de nouilles.
Xizhimen, tout à l'Ouest : c'est la modernité. Les avenues sont immenses, rutilantes, plus d'autocars mais des ponts de béton immenses surchargés de voitures. Les bâtiments y sont altiers, voire hautains : ils défient les nuages et même la verticalité. J’en avais peur et je savais que pour moi ce ne serait jamais qu’un lieu de passage, un noeud fonctionnel auquel on ne prête pas attention, comme la Porte de Vanves ou les abords de Clichy. Pourtant un soir, comme je rentrai en bus et pris le temps de m'aventurer un peu au-delà de la placette désertée a cette heure, je découvris une vie populaire que je ne soupçonnais pas : en ces jours encore frais de la mi-avril - il allait neiger une semaine plus tard - les habitants du quartier fêtaient la première nuit étoilée de l’année en musique et en jeux. Des cornes tibétaines, incongrues en ce lieu, marquaient le rythme sur lequel les adolescents allaient rafraîchir leur cerf-volant en forme d’aigle de papier, empoussiéré depuis six mois, tandis que les plus petits s'extasiaient sur cette troupe de kazakhs en manteau long et bonnet russe, parmi lesquels les hommes crachaient le feu et les femmes lançaient un immense tour de valse. Cette fête de quartier sur fond de marché aux puces, improvisée parce que ce soir il faisait bon, parce que les jambes démangeaient, parce qu'il fallait rentrer un peu d'argent, je la trouvai exceptionnelle : elle allait pourtant devenir quotidienne avec l'été, les sessions de danse en plein air se multipliant à tous les coins de rue sous le regard amusé des hommes qui, torse nu, achèvent une énième partie d'échecs. La vie est partout... partout je veux la vivre !

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Ile turquoise en mer chinoise

tchin-tchine on the road again

par Aurélie Croiziers et Fanny Valembois 

Je passe quelques jours dans l’île turquoise du Shandong, communément appelée Qingdao. Beaucoup la connaissent pour sa plus grande spécialité: la bière Tsingtao, importée ici par les Allemands lors de leur implantation coloniale au 19ème siècle.

La brasserie n’a pas été le seul apport allemand. Toute la ville est parsemée de demeures coloniales, et on croise cette architecture massive à tous les coins de rue. Elle tombe souvent en désuétude: curieuse appropriation des Chinois d’aujourd'hui qui semblent squatter ces maisons surdimensionnées ou qui occupent les rez-de-chaussée avec des bars-karaokés ou des entreprises... La présence de la mer rend Qingdao très agréable: l’air y est plus frais que dans l’intérieur du pays et une ambiance détendue règne dans ses rues. On est loin des pratiques balnéaires françaises, et badauds, touristes et petits vendeurs en tout genre sont là.

Des portions de plage sont aussi pratiquables pour de très belles balades. Le seul souci est que la ville est tres étendue. Partie en “tourisme expérimental” en prenant un bus au hasard, j’ai longé la côte pendant 3/4 d'heure sans sortir du tissu urbain! Mais la récompense était là: vaste plage de sable fin et mer miroitante à souhait, il a suffi de regarder vers le large pour apprécier le déplacement!

Qingdao a une taille moyenne et ses différents quartiers se parcourent à pied. Je préfère le vieux Qingdao et ses petites ruelles au nouveau quartier, plus riche et plus commercant mais également envahi de hauts buildings. Au contraire, les petites ruelles à proximité de la mer sont tres vivantes: petits métiers à même la rue, marché très varié et des plus animés, habitations mélânt le passé colonial à la débrouillardise contemporaine.


Qingdao est aussi réputée pour ses grands parcs. Derrière l'un d'eux, au sommet d'une petite colline, se niche le Zhan Shan Si, le grand temple bouddhiste de la ville. Tout autour du temple, des maisons cossues abritent une étrange concentration de cliniques et de dispensaires. De grands hôtels abritent les adeptes du tourisme médical qui s'y déversent par bus entier, pour se faire arracher une dent ou redresser une jambe. La présence du temple voisin améliore t'elle les résultats? Elle attire en tous cas mendiants et diseurs de bonne aventure, que je trouve ici en plus grand nombre qu'à Pékin : double visage de Qingdao, en lente décrépitude malgré les prochains JO qui s'y dérouleront...

 

1 commentaire - aucun rétrolien

Des caractères à coller partout - 2ème année

 



Les élèves de deuxième année peuvent imprimer les caractères de la leçon 2.4 (p 147 du Manuel de Bellassen) en cliquant ici  (page 1) et là (page 2).



Bonnes révisions!

 

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Les montagnes jaunes un samedi d'avril, ou les plaisirs du tourisme de masse

tchin-tchine on the road again...

Par Aurélie Croiziers

Je quitte Shanghai un vendredi soir en train de nuit pour gagner une de ces fameuses montagnes sacrées qu’est le Huang Shan (montagnes jaunes en chinois).
Je me rends compte sur le quai de la gare que je ne suis pas en couchette mais en assis dur (soit la 4ème et dernière classe des trains chinois), pas classe du tout!
Le jeudi précédent a eu lieu une sorte de Toussaint chinoise, le train est bondé et tout plein de gens voyagent sans place assise pour aller honorer leurs aieux dans leur village natal. Promiscuité, bavardages et rigolades m’empêchent de trouver le sommeil avant une heure très avancée dans la nuit.

montagne


Arrivée à Huangshan, une heure et demi de bus m’attendait pour arriver à la porte de la montagne.
Je pensais trouver enfin du calme, et me voici dans un réel parc touristique géant, dont les infrastructures ont tendance à dénaturer le site.
Un télépherique me mène au sommet : Je déteste monter des escaliers, je leur préfère de loin les bons vieux sentiers pyrénéens.
Enfin au sommet, quatre heures aprés mon arrivée à la gare, je dois m’arrêter dans trois hôtels pour trouver un lit dans un dortoir à 20 euros la nuit…
Je me dis que randonner un peu me changera les idées…
Que nenni! Deux heures de rando plus tard je reviens encore plus tendue: des "troupeaux" de touristes bouchent la vue pourtant très très belle, leur voix couvrant le calme et le chant des oiseaux.

Je réalise alors qu’aucune douche ne m’attend dans le dortoir précédemment réservé. Je réussis à négocier un remboursement et redescends la montagne à pied par les escaliers. Une descente tellement longue (plus de trois heures de descente abrupte) que j’en ai encore mal aux mollets deux jours plus tard.
Heureusement je rencontre deux Belges en route qui me soutiennent pour cette descente pentue. On trouve un hôtel bien moins cher et avec baignoire pour la nuit. J’arrive également à retrouver un ami français avec lequel j’avais un rendez-vous très improbable dans ce vaste complexe…

Le lendemain j’évite de remonter dans le parc touristique (le droit d’entrée est en plus de 20 euros) et arrive à trouver un chemin sans touriste… Ce chemin suit une rivière et me mène à des cueilleurs de thé. Première fois que je vois des arbres à thé: ils sont très bas, en forme de boule et d’un très beau vert vif.
Je repars le soir même pour une nuit de train en quittant mes compagnons de route. J’étais vraiment heureuse de ne pas être seule: dans de tels endroits s’arrête ma capacité d’adaptation et de tolérance face aux touristes chinois.
Je passe une bonne nuit en 1ère classe et rejoins Suzhou où je visite un superbe parc rempli de fleurs, de pierres, de cours d’eau… et de touristes, évidemment.

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Jeu chinois : les véhicules

Saurez-vous retrouver à quoi correspond chacun des mots ci-dessous?

Attention, pour certains céhicules, il faut prendre en compte la prononciation des caractères et non leur sens...

Vous pouvez noter vos idées dans les commentaires pour gagner un exemplaire de la revue "Xiao Douzi"!

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

ABCDaire de Chine : Kites (cerfs-volants)

Comment ai-je pu ne pas y penser ? Je ne savais qu’aborder avec la lettre K et levais pensivement le nez au ciel. De mon bureau j'aperçois une grosse masse d'arbres frais, quelques tuiles élégamment chinoises qui s’immiscent, timides, au-dessus des branchages, et surtout un grand morceau de ciel bleu. Puis ces traits de lumière sombre qui le zèbrent et flottent indistinctement là-haut, très très haut... Serait-ce une chimère due à l’abus d'ordinateur ? Que nenni : feng zheng, les cerfs-volants !

Ils sont présentement cinq au dessus des toits gris de Dongcheng, et claquent comme des étendards là où le vent est puissant, là où l’homme n’a pas prise. Ceux-là sont rectilignes, rouges et noirs, imposants. D’autres sont plus ludiques, en forme de papillon, de chauve-souris, de Pokémon - les Chinois ont pour la plupart perdu la luxueuse mais excitante habitude de fabriquer leur propre jouet, laissant le tout puissant outil publicitaire en prendre soin à leur place. Ca ne les empêche pas de s’amuser, dès qu’ils ont un instant de libre, à lancer le leur le plus haut possible dans les cieux, afin de terrasser les concurrents, afin de terrasser son propre ego, sa conscience de terrien. Ils sont des dizaines à Tian An Men ou sur les allées impériales qui longent le parc Tian Tan, le bien nommé Temple du Ciel. Les gamins sourient béatement, le nez en l’air, extasiés – un bon moyen de canaliser leur énergie ! Mais n'allez pas croire pour autant qu'il s'agit là d'un jeu d'enfant ; seuls les plus expérimentés, les plus adroits, les plus costauds aussi, sont capables de propulser leur toile au-delà des premières masses d'air, le plus souvent increvables. Art ancestral, de la confection au lancement, le cerf-volant plus que jamais reste le sport national d’une Chine pour le moins populaire. Et c'est une excellente nouvelle !

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Lao Zi

Premier grand maître et initiateur dans la culture chinoise, Laotse était sans doute moins un penseur mystique qu’un vagabond confus qui cherchait à retrouver un peu d’harmonie avec la nature, avec ses ancêtres, avec lui-même. Sa sortie de la vie terrestre, en forme de pirouette – il grimpa sur un buffle d’eau et s’en alla vers l’ouest, chercher la solitude dans les montagnes du Tibet – laisse à penser que le bougre était doté d’un sens de l’humour que ses descendants n’ont pas su percevoir. Un gardien de gué, interpellant le vieil homme sur le départ, lui réclama un témoignage, une trace écrite de sa pensée. En guise de réponse, une simple tablette contenant tout juste 5 000 caractères : la Voie.
De transcription en réinterprétation, comme tout bon livre fondateur, le Dao De Jing – plus connu en France sous le nom de Yi Jing – allait devenir la nouvelle Bible de la métaphysique chinoise, l’objet fondateur de la « seule vraie religion nationale », avancent les déçus du confucianisme et d’un bouddhisme un peu trop indien a leur goût. A tel point que le pays, et plus généralement la région tout entière, de Taïwan à Séoul, sont désormais parsemés d’une foison de temples dits taoïstes, à l'allure plus ou moins imposante, sièges d’une foi plus ou moins avérée... le spirituel cédant souvent le pas à la superstition pure et dure. Ainsi ce charmant Temple du Nuage Blanc, que l’on peut visiter pour cinq yuans sans craindre de perturber la concentration des novices, moinillons à la chevresque barbe parfaitement pointue, cheveux attachés en chignon sur une chemise blanche qui sent bon la fraîcheur, les chevilles solidement ancrées dans de grossières mais plaisantes bottines grises. Les divinités ont fleuri dans des teintes bleues et rouges dignes des dragons et les bâtonnets d’encens brûlent le souvenir amer des péchés et d'une vie peu sérieuse, bien plus assurément que quelques heures de méditation quotidienne. Voila encore une parole qui n'aura pas été comprise...

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Maoïsme

La vraie religion populaire néanmoins, n’en déplaise aux mystiques, est pour le moins matérialiste. Et Dieu dans l’imaginaire chinois a un visage bien familier, un peu rond et bedonnant, bienveillant quoique vérolé : Mao Zedong, le Timonier, le maître de la barque, le héros de tout un peuple, le Zizou des chinois, Mao de sa royale tête ne fait certes pas trembler les filets brésiliens mais bien les prolétaires de tout poil... et les touristes-pélerins en manque de sensations sacro-dépaysantes.

Il trône ainsi, sous la forme d’un portrait démesuré, sur la Porte de la Paix Céleste, s’offrant au regard de tous les badauds de Tian An Men, imperturbable, imperméable aux orages qui battent la plus grande place publique du monde, constamment restauré par les plus fins limiers de la peinture étatique, et arbore au grand jour une verrue monstrueuse qui donne au culte de la personnalité à la chinoise une touche d’humanité que certains moustachus d’outre-Sibérie n’auraient pas dû ignorer.

Aussi placide que la Joconde avec laquelle il doit partager le titre de personnage décédé ou fictif le plus photographié de la planète, Mao continue de veiller sur sa propre dépouille - elle aussi adroitement restaurée car cela fait quand même trente ans cette année qu’il est mort – gisant dans le grossier, le décadent, le superbement stalinien mausolée que ses émules lui ont dressé au beau milieu de la place et qui doit être bien plus confortable que la caverne du Hunan dans laquelle la légende veut qu'il ait fourbi ses premières armes. Je ne l’ai pas encore visité, mais je vois d'ici le tableau : le petit Mao se retournant dans son cercueil de verre aux cris des vendeurs informels qui assiègent le touriste d’effigies sur porte-clefs et de versions anglaises du Petit Livre Rouge. Les temps changent !

Par Pablo Tullio

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Nationalisme

Néanmoins, si la classe dirigeante commence à reconnaître certaines « erreurs » (oh, quand même, ils y vont fort) politiques ou sociales commises sous le règne de Mao, force est de constater qu’il reste dans les mémoires comme l’homme qui aura réunifié la Chine, trente-huit ans – un millénaire - après la chute du dernier Empereur et après avoir subi quatre guerres sur son propre territoire. Il restera en cela à jamais un héros, rejoignant dans l'histoire Qin Shi Huang Di et Kubilai Khan comme les grands fondateurs de l'unité nationale, priorité ultime dans la hiérarchie des valeurs chinoises. D'où la question à mille euros : que serait-il advenu de Chiang Kaishek, aujourd'hui honni comme le premier ennemi historique du Parti, si ses troupes nationalistes, en 1949, avaient remporté la guerre, évitant au Kuomintang de devoir se retirer penaudement à Taïwan... aujourd'hui officieusement indépendant ? Comme quoi, en matière d'unité nationale, les communistes peuvent repasser. Un stage au Xinjiang ou au Tibet leur ferait le plus grand bien.
Notons toutefois que le prétendu ultra-nationalisme chinois est avant tout un concept politique qui dépasse rarement le cadre des livres et des discours officiels. A ma grande surprise, il n’y a rien de moins patriote qu’un chinois - ils sont, à cet égard, à des années-lumière du Vietnamien moyen lequel décore son balcon, sa moto, son visage, d'un drapeau national pas si réglementaire qu'on veut bien le faire croire... Mais si l’histoire du petit voisin du Tonkin est jalonnée d'invasions repoussées et d'ennemis terrassés, qui par nécessité appellent la présence constante de troupes étrangères, celle du potent Empire du Milieu (Zhong Guo, la Chine, en langage local) s’est fondée au contraire sur un repli sur soi généralisé et la recherche de l’autonomie politique, alimentaire, culturelle, au sein de laquelle a pu se développer sans crainte une conscience très vive de la région d'origine, qui confine par moments au chauvinisme le plus touchant. A Pékin, deux chinois entre eux n’hésiteront pas à se demander quel est leur pays d’origine, à savoir leur province natale : Nord-Est, Shandong, Hunan, Ningxia... Il faut alors voir leur satisfaction, leur sourire, leur soulagement presque lorsque le hasard les a menés sur un compatriote ! Il parait d'ailleurs que jusque sur les trottoirs de Belleville, ce sentiment d'appartenance régionale reste vif.

Par Pablo Tullio

aucun commentaire - aucun rétrolien

Xiao Douzi numéro 4

Le numéro 4 de notre revue Xiao Douzi est sorti la semaine dernière... Les abonnés le recevront chez eux ces jours-ci.

Vous pouvez également gagner des exemplaires en répondant aux jeux proposés chaque lundi... 



 Voici l'édito du dernier numéro :

Les beaux jours reviennent et avec eux, les envies de voyage… en avril, l’équipe de tchin-tchine s’envole donc pour la Chine. Un voyage que vous pouvez suivre sur notre site internet (www.tchin-tchine.com) mais également à travers deux soirées « récit de voyage » organisées en partenariat avec Asia (p 20).

Pour une approche originale de la Chine, voyagez en polars avec notre dossier consacré aux romans policiers de Chine (p2) : classiques ou contemporains, en Chine, à HongKong ou au Tibet, frissonnez avec le Juge Ti ou l’inspecteur Chen Cao !

Enfin, testez vos connaissances avec un quizz (p 10) ou encore avec deux pages d’exercices adaptés aux débutants (p 12 et 13).


Bonne lecture !

1 commentaire - aucun rétrolien

Shanghai

tchin-tchine on the road again

Par Aurélie Croiziers

« Tu vas voir, Shanghai, c'est spécial » m'a-t'on dit avoir mon départ ! j'appréhendais un peu ce qui m'attendait, mais je me suis finalement décidée pour cette ville comme aéroport d'arrivée, voulant me faire ma propre idée. J'ai finalement bien fait !
Shanghai est multiple, c'est la meilleure définition que je puisse lui trouver !

shanghai_pudong
 

C'est avant tout une ville ultra moderne, avec des gratte-ciels qui concurrencent aisément ceux des Etats-Unis. Le quartier de Pudong, à l'ouest de la rivière Huangpu est le quartier des affaires de la ville, autrement dit un des principaux centres économiques de Chine et d'Asie. J'ai ici pris un train pointant à plus de 430 km/heure, de quoi faire pâlir notre TGV national... Certains des nombreux expatriés vivant ici l'ont bien compris : on peut totalement vivre à l'occidentale dans cette ville cosmopolite.

Shanghai tient peut être cet aspect cosmopolite de son passé colonial; sa situation portuaire  explique l'installation des Européens dans les années 1840. Ce passé relativement récent (la ville n'était avant qu'un petit village de pecheurs) a laissé de nombreuses traces. Une belle architecture coloniale, souvent massive et parfois décrépite rythme les rues. C'est un des charmes de la ville : de nombreux hauts immeubles majestueux font face à Pudong, sur l'autre rive de Huangpu. Dans les petites ruelles du vieux Shanghai on croise aussi des traces de ce passé : les petites ruelles enchevétrées donnent parfois sur une maison à porte de pierre.
Ces Shimenkou (littéralement, maison à porte de pierre) sont caractéristiques de la ville. Héritées des colons elles ont un étage et sont construites en brique rouge ou noire. Certaines sont laissées à l'abandon, d'autres sont restaurées, et exploitées pour les touristes.


Je préfère le côté un peu désuet et décalé de ces maisons que j'ai apercues dans le vieux Shanghai. Je suis sortie du parc aménagé pour les touristes autour de Yuyuan pour pouvoir l'apprécier. Je tombe alors sur des ruelles parfois larges de 2 mètres seulement. J'alterne entre l'animation de certaines rues ou de petits métiers subsistent à même le sol (couturiers, réparateur d'horloge, coiffeur, petits boui-boui...) avec le calme d'autres ruelles ou de vieux chinois juent au carte ou aux échecs. J'apprécie particulièrement le linge étendu d'une rue à l'autre qui donne un aspect très convivial à la promiscuité du quartier.

Pour apprécier Shanghai, j'ai accepté ses cotés parfois fatigants et usé beaucoup de semelle ! Ses charmes qui n'ont rien avoir avec le reste de la Chine m'ont finalement gagnée !

aucun commentaire - aucun rétrolien

1 2 | Page suivante