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Pour un fils - Zhang Yimou

Nous évoquions la semaine dernière Cité interdite, la dernière super-production de Zhang Yimou. La sortie en DVD de "pour un fils" (titre français de 千 里 走  单 骑) est l'occasion de reparler de ce film magnifique, intime et sensible, dans un ton bien différent! Deux facettes de ce grand réalisateur...

Un film de Zhang Yimou (2005)
Chronique de Jacques Landrieux
 

Takata Kôichi (Ken Takakura) est depuis des années en froid avec son fils Kenichi. Un jour, il est contacté par sa belle fille Rie (Shibonu Terajima) qui lui annonce que Kenichi est gravement malade et qu'il réclame son père. Mais lorsque Takata se rend à Tokyo, il comprend vite que Rie ne lui a pas dit toute la vérité : hospitalisé, son fils refuse de le recevoir à son chevet. Rie remet alors à Takata une vidéo qui l'aidera peut-être à connaître enfin son fils. La vidéo contient un reportage sur un opéra chinois  filmé dans la province chinoise du Yunnan. Cependant, Kenichi n'avait jamais pu finir son projet. Takahata décide donc d'embarquer pour la Chine afin d'achever l'œuvre de son fils.

Avec pudeur et simplicité, Zhang Yimou s'attarde sur le fossé qui sépare les générations et tout particulièrement la difficulté à communiquer qui caractérise les hommes japonais de la génération de Takahata. Plongé dans un autre univers culturel, le vieil homme va se confronter à d'autres coutumes mais aussi à d'autres blocages. Si Riding Alone For A Thousand Miles montre du doigt l'autorité écrasante des plus âgés sur les plus jeunes dans les villages, ou encore la lourdeur bureaucratique de l'Empire du Milieu, Zhang Yimou rend aussi hommage à l'hospitalité et à la spontanéité naturelles des paysans chinois, toujours prêts à se démener pour aider un étranger dans sa quête, si personnelle soit celle-ci. Riding Alone for a Thousand Miles doit sa tonalité atypique aux nombreuses touches d'humour burlesque qui parsèment le film et apportent un juste contrepoids aux quelques passages plus mélodramatiques. Pour le rôle de Takahata, Zhang Yimou a fait appel au grand Ken Takakura qui délivre une prestation tout en retenue et incarne à merveille le Japonais traditionnel, acculé à faire face aux émotions qu'il a si longtemps réprimées.

Oeuvre méconnue de la filmographie du réalisateur de Hero, Riding Alone for a Thousand Miles offre un traitement original des retrouvailles entre un père et un fils. Zhang Yimou signe un film poignant, sincère et universel.

NB : le DVD (sous-titrage en anglais) est disponible dans la bibliothèque de tchin-tchine.
Je joins ma propre chronique dans les commentaires... n'hésitez pas à ajouter votre avis.

Vos commentaires

1 Le Mardi 27 Mars 2007 à 09:44 GMT+2, par Fanny (tchin-tchine)

(Pékin, mars 2006)

Je suis allée voir vendredi au Cherry Lane Movies le dernier film de Zhang Yimou, en version originale sous-titrée en anglais.

Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre car je n'ai pas tellement aimé les derniers films de Zhang Yimou (Hero, Le Secret des Poignards Volants) que je trouvais assez légers, et pour tout dire un peu trop commerciaux (hollywoodiens?) à mon goût.

Mais je n'ai pas du tout regretté ma sortie, car ce film est une très belle réussite, et m'a beaucoup touché. Il s'agit de l'histoire d'un père japonais qui, apprenant que son fils va bientôt mourir, part en Chine pour y chercher le moyen de se réconcilier avec ce fils qui ne lui a pas parlé depuis dix ans.

Le comédien japonais Ken Takakura est extraordinaire dans son personnage de père silencieux, incapable d'exprimer ses sentiments. Autour de lui, une brochette de personnages secondaires formidables, notamment son guide chinois Lingo...

Comme toujours avec Zhang Yimou, la photographie est magnifique : les paysages sont stupéfiants (depuis les neiges du Japon jusqu'aux escarpements du Yunnan), les couleurs éclatantes.

C'est pour moi un retour aux vrais films d'auteur, dans la lignée du Sorgho Rouge ou d'Epouses et Concubine, avec en prime la maturité du réalisateur... L'histoire de cette relation père-fils est retracée de manière juste et sensible, sans que l'auteur cherche à démontrer ou expliquer quoi que ce soit. Cette émotion est soulignée par l'humour omni-présent de Zhang Yimou, qui semble poser sur la société chinoise un regard à la fois amusé et compréhensif.

Certaines scènes sont vraiment très drôles, et en même temps très tendres, comme si l'auteur riait de travers qu'il ne peut pas s'empêcher d'aimer malgré tout...

En prime, on découvre un petit pan de la culture japonaise, filmée (je pense) sans tomber dans le cliché et l'opposition systématique avec la Chine (même si on sent bien que le voyage en Chine est finalement salutaire pour ce Japonais embourbé dans son éducation trop rigide...).

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