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Les petites fleurs rouges



Un film de Zhang Yuan
Chronique d'Aurélie Croiziers

Les petites fleurs rouges, ce sont les bons points que les enfants gagnent au prix de leurs bonnes actions dans un internat/jardin d’enfant. Un petit garçon de 4 ans arrive dans cette pension où il devra vivre 7 jours sur 7. Nous suivons son évolution et ses difficultés à s’adapter à ce système méritocratique et à son nouvel environnement.

L’univers dans lequel ces enfants évoluent et tristes : dortoir immense avec des lits qui s’apparentent à des cages à poule, murs du jardin d’enfant triste au possible… 

On suit la transformation du comportement de Fang Qiang Qiang : des pleurs incessants à ses tentatives de créations d’amitiés, de ses premières bêtises au durcissement de son caractère. Il devient un véritable petit dur qui devra être isolé du reste du groupe, « consigné » pour ne pas contaminer le reste des enfants.

Ce film est un véritable plaidoyer pour l’éducation dans l’amour : ici on voit deux maîtresses et deux Ayis (« tatas », sorte de maîtresses auxiliaires) qui doivent s’occuper d’une centaine de bambins. Malgré leur bonne volonté manifeste, il y a peu de place pour la tendresse : c’est la collectivité et l’ordre général qui priment, même si les trop sensibles en paient le prix fort.

Cet esprit collectif dérange le spectateur occidental : dès 4 ans, ces petits apprennent à marcher en rang, à se rendre aux toilettes tous ensemble à la même heure, ils connaissent des chansons qui leur dictent leur comportement, et gare à ceux qui s’écartent du chemin, les punitions sont publiques…

Les petites fleurs rouges est inspiré du roman autobiographique de Wang Shuo, qui est également cinéaste. Zhang Yuan, qui a travaillé sur ce film pendant plusieurs années, nous livre un regard plein de tendresse sur cet enfant qui n’est pas fait pour s’adapter à la collectivité.
De nombreux plans sont réalisés à hauteur d’enfant, la musique souligne (parfois de manière trop intense) les sentiments du petit héros : ce film est empli de compassion mais aussi de l’esprit joueur et espiègle de Fang Qiang Qiang. Beau challenge pour le réalisateur que d’avoir guidé tous ces enfants dans la transmission de telles émotions ! La participation de sa fille dans ce film et la précédente réalisation d’un autre long métrage sur l’enfance (« Mama ») l’ont sans doute aidé à réussir cette approche très sensible.

Vous trouverez des informations pertinentes et complémentaires sur le film, les auteurs et le casting sur la page http://www.allocine.fr/film/anecdote_gen_cfilm=112251.html.

 

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