tchin-tchine au fil des jours : jeux chinois, articles, conseils de lecture...

La mélopée de l'ail paradisiaque

Roman de Mo Yan, Editions du Seuil

Chronique d'Yves Gravrand

C'est un des livres les plus intéressant sur la Chine actuelle.
Sur fond d'une révolte paysanne à la suite d'une surproduction d'ail qui a entraîné la ruine des paysans producteurs de cette monoculture locale, c'est l'histoire de deux jeunes gens qui ne peuvent se marier car celle qu'il aime a été promise dans un mariage croisé avec la famille d'un cadre du village. Croisé, c'est à dire que l'on donne aussi en mariage la plus jolie au fils, pour caser le frère aîné moins gâté par la nature et boiteux à la fille. Après l' avoir enlevé, le jeune homme se fera rosser et plus.
Histoires aussi de paysans qui enterrent en cachette leur vieille mère, ou se font écraser par le camion de la coopérative et ne reçoivent qu'un peu d'argent en compensation.Les récits des séjours en prison et du procés sont explicites. On est très loin des romans des gamines de Shanghai.



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Essais sur la Chine

Un livre de Simon Leys aux éditions Bouquin

Chronique d'Yves Gravrand

J'aimerais vous signaler la réédition en Bouquin des textes de Simon Leys sur la Chine.  En octobre dernier je l'avais avec moi lors des longues heures de train de Kashgar jusqu'a Beijing et via Xining. Plusieurs personnes ont été attirés par le poème de Lu Xun  en couverture et faisait en général des commentaires élogieux, plus convenu pour la calligraphie de Mao qui est à l'intérieur.

Je l'ai même fait lire à une petit fille qui faisait la curieuse, elle était étonnée que je ne connaisse pas non plus les caractères qu'elle ignorait. 

Livre surtout intéressant sur l'histoire récente pour ce que la révolution culturelle intéresse. C'est un régal la manière dont il traite tous ces "maoïstes" et ces intellectuels qui se devaient d'aller en Chine et faire un livre, BHL en tête. Surtout lorsque on les a subis comme moi dans les années 70.  Les textes sur la culture et la Chine sont toujours d'actualité.
Il explique très bien l'attitude des Chinois à l'égard du passé (page 739).

Même si on sent partout la présence du passé en Chine, il y a très peu de vestiges historiques et de monuments, et une indifférence au respect de l'historique, il est en plus difficile de distinguer le reconstruit de l'authentique. Si l'on accuse les gardes rouges d'avoir créer un désert culturel, il ne restait déjà plus grand chose à détruire.

Des pages intéressantes sur Victor Segalen.

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School of Hope

Documentaire de James Howard

Chronique de Fanny Valembois

Le réalisateur canadien James Howard présentait samedi dernier "School of Hope", un documentaire d'une heure sur un programme de scolarisation des jeunes filles pauvres dans les régions rurales.

Le film suit l'équipe de l'école, basée à Pékin, à travers les campagnes du Sichuan. Les enseignants rencontrent des dizaines de jeunes filles d'environ 16 ans, qui ne peuvent plus aller à l'école en raison de la pauvreté de leurs familles. Leur tristesse, et aussi leur espoir et leur détermination à se forger une vie meilleure malgré tout, sont impressionnants et touchants.

Après un examen et un entretien avec les enseignants, une vingtaine de jeunes filles sont sélectionnées pour se rendre à Pékin, où elles suivront un enseignement intensif : cours de mandarin, d'anglais, d'informatique... 

A l'issue de la formation, chacune d'entre elle a trouvé un travail à Pékin, qui lui permet d'envoyer de l'argent à sa famille chaque mois.

Le film est intéressant à bien des égards : il rappelle d'abord les incroyables conditions de vie des ruraux en Chine, oubliés de la croissance. Les familles des jeunes filles gagnent autour de 200 yuan par an (moins de 20 euros)! Et les jeunes diplômées gagnent à Pékin au maximum 450 yuans par mois, pour 10 à 12 heures de travail quotidien.

Le film montre également la volonté de plusieurs femmes d'améliorer la condition des femmes dans les campagnes. Dans les familles pauvres, on ne peut pas payer les études des enfants, et c'est toujours les garçons qui en bénéficient en priorité. Les filles travaillent souvent dès 13 ans, à la maison ou aux champs, et sont mariées très vite.

La fondatrice de cette école privée de Pékin se bat depuis des années pour permettre aux filles de régions pauvres d'avoir accès à l'éducation et à l'enseignement supérieur. A travers ce programme de formation, des conférences, une revue mensuelle destinée aux femmes des campagnes, elle répète inlassablement l'importance de l'éducation, seul vrai moyen d'améliorer la condition des femmes.

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Le sang de la Chine

Pierre Haski - Bertrand Meunier / éditions Grasset

Chronique de Fanny Valembois

Après le Journal de Ma Yan, j'ai donc lu un nouveau livre de Pierre Haski. Il s'agit d'une enquête sur les "villages du sida" dans le Henan.

Dans ces villages, l'Etat chinois a organisé à partir des années 80 et pendant des années la collecte du sang des paysans, à grande échelle. Les paysans étaient payés pour vendre leur sang aux centres de collecte, qui le revendaient ensuite à des groupes pharmaceutiques.

Les conditions d'hygiène déplorables dans lesquelles ces prélèvements ont été faits a amené une propagation effrayante du virus du sida, mais aussi de l'hépatite.

Lorsque les premiers cas de maladie se sont déclarés, le gouvernement de la province a décidé... de ne rien décider, et a laissé les paysans mourir sans leur apporter de soin ou même d'information sur le mode de contamination, laissant ainsi les malades infecter leurs proches.

L'enquête se lit d'une traite, et on en ressort bouleversé et choqué. Rien n'est épargné, ni l'incurie médicale, ni les responsabilités politiques, ni le silence étourdissant de la communauté internationale, ni la répression féroce qui a touché les médecins qui ont voulu aider ces malades.

Je vous recommande d'acheter ce livre!



 

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Le Journal de Ma Yan

Editions Ramsay 

Chronique de Fanny Valembois

Lors d'un voyage dans la province chinoise du Ningxia, le journaliste Pierre Haski se voit remettre un cahier d'écolière. Ce cahier raconte la vie de Ma Yan, jeune fille Hui (musulmane), troisième enfant d'une famille pauvre, qui confie jour après jour ses difficultés mais aussi son envie d'étudier, pour se créer une vie meilleure.

Au-delà de l'émouvante histoire personnelle, ce témoignage permet également de découvrir une Chine un peu méconnue, celle du Nord Ouest, pauvre et désertique, peuplée de musulmans, oubliée et arriérée.

La découverte de ce cahier, et la rencontre d'enfants dont la volonté d'aller à l'école était empéchée par la pauvreté endémique de la région, a amené Pierre Haski à créer l'association Les Enfants du Ningxia, qui permet à des enfants de recevoir des bourses pour continuer à étudier.

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Atelier Faucon à Pingyao

Editions de l'oeil

Chronique de Fanny Valembois

Le photographe Bernard faucon a parcouru la ville de Pingyao, dans le Shanxi, accompagné de  quelques jeunes chinois qu'il a initiés à la photographie.

Ce livre présente le résultat de cette expérience, qui a amené ces jeunes à regarder différement leur ville et à en apprécier la beauté.

Les photographies sont très belles...

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